On débranche ! À cause de la pollution lumineuse, deux tiers des citoyens ne voient pas les étoiles à la nuit tombée. Ce week-end, plus de 600 communes françaises participent donc au “Jour de la nuit” : une soirée pour éteindre les lumières et redécouvrir nos astres nocturnes.

Le ciel étoilé vu du Mont-Lozère
Le ciel étoilé vu du Mont-Lozère © Bruno Daversin / PNC

Citadins, vous vous souvenez peut-être de vacances à la campagne, ou pendant votre enfance, de nuits passées à admirer les étoiles une fois le soleil couché. Mais aujourd’hui, lorsque vous rentrez du travail dans les embouteillages de la soirée, plus de voie lactée. Seule la Lune semble habiter ce ciel sombre… Et pour cause, explique Guillaume Cannat, journaliste scientifique auteur du livre de référence, le Guide du ciel : 

Si le ciel n’est pas profondément noir, si l’on est en centre urbain ou même en périphérie d’une ville, on ne voit pas la voie lactée parce que le ciel n’est pas assez sombre.

Lumières des maisons, des bureaux, trafic routier, et surtout éclairage public : tout cela constitue ce que l'on appelle la pollution lumineuse. À cause d'elle, on estime que deux tiers des Européens ne voient plus les étoiles. C’est pour lutter contre ce phénomène qu’en France, l’association Agir pour l’environnement organise le 13e “Jour de la nuit”, partout en France, le 13 octobre prochain. Le but : tout éteindre, le temps d’une nuit.

La carte des "Jours de la nuit" 2018 en France
La carte des "Jours de la nuit" 2018 en France / Jour de la Nuit / Leaflet / Mapbox / OpenStreetMap

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Si plus de 600 communes vont donc faire ce geste d’éteindre les feux ce week-end, d’autres, bien moins nombreuses, ont décidé d’agir à long terme. Direction la Lozère, dans le parc national des Cévennes. 

Le ciel des Cévennes, l'un des plus beaux d'Europe

Cet été, le site a décroché le label “Réserve internationale de ciel étoilé” - ce qui en fait d’ailleurs la plus grande d’Europe, étendue sur 3 560 km². Cette zone boisée du Sud de la France est l’un des rares endroits de France où l’on peut encore admirer la voie lactée tout au long de l’année.

L’obtention de ce label récompense donc la beauté du site, mais elle l’engage aussi à limiter activement la pollution lumineuse sur place. Moyennant une subvention de 710 000 euros, 26 communes se sont engagées à améliorer leur éclairage public. C’est le cas de Florac, en Lozère.

Cette petite commune proche de Quézac, berceau d’une eau de source bien connue, a déjà entamé les travaux : “Avant, nous avions de gros lampadaires-globes. On les a remplacés par des éclairages LED, dont la diffusion est beaucoup plus restreinte”, explique le maire, Christian Huguet.

Écologique et économique, une double récompense pour la commune

Objectif : remplacer 200 points lumineux en deux ans. Mais pour ne pas brusquer ses quelque 2 000 administrés, l’édile assure que la transition se fera en douceur. 

Les gens peuvent se dire : sans lumière, on ne sera pas en sécurité. Donc, nous avons prévu d’éteindre la nuit dans tous les lotissements en périphérie du centre-ville. Par contre, en coeur de ville, nous allons juste baisser la puissance des lumières.

Ces travaux pourraient doublement profiter à la commune de Florac. D'abord, elle espère économiser 40  % sur sa facture d’électricité. De plus, en préservant son ciel étoilé, elle compte aussi attirer de nombreux “astro-touristes”, ces amateurs passionnés d’astronomie. 

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