Entre 2005 et 2015, les rejets de dioxyde de carbone ont diminué dans 18 pays industrialisés dont la France. Mais il n'y a pas forcément de quoi se réjouir.

Des cyclistes à Paris.
Des cyclistes à Paris. © AFP / Eric Feferberg

Il n’y a pas de quoi sauter au plafond, la planète n’est pas sauvée, mais tout de même. Durant la décennie 2005-2015, 18 pays ont réussi à réduire leurs consommations d’énergies fossiles et à faire ainsi diminuer leurs émissions de CO2, selon une étude parue dans la revue "Nature Climate Change". Au total, ces émissions ont baissé de 2,4 % par année, en moyenne. Ce qui est nouveau c’est que jamais, sur une période de dix ans, une telle baisse n’avait été enregistrée. Parmi ces pays, l’on compte de très bons élèves (la Suède, le Danemark, le Royaume-Uni). D’autres traînent la patte. La France, elle, est dans la moyenne.  

Moins de charbon et de pétrole, plus de renouvelable

S’ils ont réussi à diminuer leurs émissions durant cette décennie, c’est que ces pays ont engagé des politiques de transition énergétiques et développé des énergies renouvelables, utilisant ainsi moins de charbon et de pétrole. C’est aussi la preuve que les politiques d’économies d’énergies et de mise en place d’équipements performants peut porter ses fruits, détaille le Réseau Action Climat. C’est en tout cas la première fois d’une telle tendance est observée et l’indicateur est jugé “intéressant” par l’ONG. 

On n'est pas encore au niveau nécessaire pour rester sous la barre des 1,5 degrés de réchauffement et limiter les impacts malheureusement catastrophiques du dérèglement climatique. Donc il faut accélérer les politiques” explique Anne Bringault, la coordinatrice des ONG sur la transition énergétique pour le Cler et le Réseau Action Climat. Malheureusement, cette étude n’éclaire que la situation d’une vingtaine d’États. Or, des pays tels que la Chine, l’Inde ou le Brésil ont vu leurs émissions reprendre à la hausse.  

La crainte de voir les émissions remonter ?

Selon le Réseau Action Climat, interrogé par franceinfo, cette “lueur d’espoir” pourrait s’estomper. Depuis 2015, les émissions de gaz à effet de serre remontent et la France n’est pas sur la bonne trajectoire selon cette ONG, notamment à cause de l’usage encore trop important des énergies fossiles, essence ou diesel. Elle regrette aussi que les constructeurs automobiles n’aient pas développé une véritable offre alternative. “Il n'y a pas eu non plus de politique réelle pour développer le vélo, les transports collectifs ou le train, et la rénovation des logements patine en France alors que c'est un enjeu clé” conclut Anne Bringault. 

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