Le projet de Roybon représentait "1000 emplois pendant la période de construction puis 800 emplois pérennes", explique le président du groupe Pierre et Vacances. Il est abandonné "malgré tous les appuis que nous avions et la valorisation environnementale que nous apportions", regrette Gérard Brémond.

Gérard Brémont, président du groupe Pierre et Vacances.
Gérard Brémont, président du groupe Pierre et Vacances. © Maxppp / Gerard Silvere

Le groupe Pierre et Vacances a annoncé mercredi abandonner son projet de domaine Center Parcs à Roybon (Isère), bloqué par de multiples recours et d'interminables procédures judiciaires depuis son lancement en 2007, et dont le terrain est occupé par des zadistes.  Le projet, d'un montant de 390 millions d'euros, prévoyant la construction dans la forêt de Chambaran d'un millier de cottages, de commerces et de restaurants autour d'un espace aquatique, était contesté par des associations de protection de la nature. Une "décision douloureuse" pour Gérard Brémond, président du groupe Pierre et Vacances-Center Parcs et invité de France Inter jeudi. Il dénonce "l'occupation illégale du terrain par des zadistes" et affirme que d'autres projets ont été développés ou sont en développement "dans des conditions tout à fait apaisées" et de "parfaite concertation"

FRANCE INTER - Pourquoi avez-vous décidé d'abandonner le projet de Center Parcs à Roybon ? 

GERARD BRÉMOND - "On abandonne, parce qu'une autorisation essentielle de défrichement, qui avait été validée par le Conseil d'Etat, est devenue caduque. Nous n'avons pas pu réaliser ces travaux, du fait de l'occupation illégale du terrain par des zadistes."

Au bout d'années et d'années de guérilla juridique, vous vous dites que ce projet ne pouvait pas voir le jour ?

"C'est-à-dire qu'il faudrait déposer de nouvelles demandes d'autorisations qui supposeraient aussi de faire un nouvel inventaire de la faune et de la flore des sites et que nous n'avons même pas l'opportunité de rentrer sur notre terrain du fait de son occupation." 

Roybon est un projet de l'ancienne période, dit la ministre de l'Écologie, Barbara Pompili. Est ce que c'est aussi votre réflexion ? Dites-vous que la sensibilité aux questions d'environnement, les normes, les batailles judiciaires font qu'on ne peut plus développer des projets comme celui-ci ? 

"Ce n'est pas tout à fait exact, parce que la meilleure preuve est que nous développons de nouveaux projets en France dans des conditions tout à fait apaisées, concertées, avec les associations locales de protection de l'environnement, avec les élus, avec la population locale. Par exemple dans le Lot-et-Garonne, où nous construisons un nouveau Center Parcs qui sera achevé au printemps 2022. Il y a eu une bonne quinzaine de concertations avec les acteurs locaux en amont et pas le moindre début de recours. C'est un exemple parmi d'autres. On a développé également un Center Parcs dans le Poitou, le 'Bois aux Daims' ; on a développé toute une série de projets qui se sont passés en parfaite concertation et donc acceptation par les élus locaux."

Est-ce que vous vous changez votre manière d'aborder ces sujets, est-ce que vous tirez des leçons de l'abandon de Roybon ? 

"Plus que jamais nous avons déjà tiré des leçons, avant même cette décision douloureuse. Mais ce que nous offrons toujours, c'est la concertation. On va même, dans nos deux nouveaux projets, encore plus loin dans la concertation, très en amont. Mais pour Roybon, on a fait des offres de dialogue, pour éventuellement adapter le projet en fonction des sensibilités de nos opposants, et ils ont toujours refusé cette main tendue."

Est-ce que vous voyez la montée en puissance des écologistes, leur arrivée au pouvoir dans certaines grandes villes et agglomérations, comme une menace pour vous et votre modèle économique ? 

"Je vois ça comme une opportunité, comme un espoir. Parce qu'être dans l'opposition, c'est dire non à tout. C'est donc empêcher. Être dans les responsabilités, c'est faire faire mieux, faire différent, mais faire. Et ne pas avoir une position systématiquement négative et destructrice." 

Les conséquences économiques et en termes d'emploi, de l'abandon de Roybon, quelles sont-elles ? 

"C'était 1000 emplois pendant la période de construction, puis 800 emplois pérennes dans un département qui comporte des taux de chômage plus élevés que la moyenne nationale. Malgré tous les appuis que nous avons eu du conseil départemental, de l'Assemblée régionale et naturellement, de la collectivité territoriale, les impacts économiques, financiers et la valorisation environnementale que nous apportions, tout cela, malheureusement, doit être abandonné."

"C'était 1000 emplois pendant la période de construction, puis 800 emplois pérennes. (...) Malgré tous les appuis que nous avions et la valorisation environnementale que nous apportions", malheureusement, doit être abandonné." 

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