L'avenir de la planète sensibilise de nombreux artistes qui ne se contentent plus de le chanter, mais qui désormais agissent. Des exemples récents comme la jeune Suzane ou encore Coldplay. Ces prises de position obligent les festivals à aller encore plus loin pour réduire leur empreinte environnementale.

Chris Martin, chanteur de Coldplay, sur la scène du iHeartRadio ALTer EGO en janvier 2020
Chris Martin, chanteur de Coldplay, sur la scène du iHeartRadio ALTer EGO en janvier 2020 © Getty / Jeff Kravitz

Suzane, chanteuse et écolo

Nommée dans la catégorie révélation de l'année des prochaines Victoires de la musique, Suzanne vient de publier son premier album sur lequel figure une chanson engagée sur l'avenir de la planète : Il est où le SAV ?

Invitée de La Terre au carré, la jeune chanteuse a raconté à Mathieu Vidard l'histoire de cette chanson. C'est en Chine, frappée par la pollution des villes qu'elle traverse, que Suzane écrit ce texte. Mais c'est au Sénégal qu'elle choisit de tourner le clip, dans un endroit très précis : La décharge de Mbeubeuss au Sénégal. Un site de 14 hectares qui reçoit les déchets des quelques trois millions d’habitants de la capitale sénégalaise. 

Il est où le SAV ? est la seule chanson de son album qui a pour thématique l'environnement "Je pense que ça se reproduira puisque c'est un sujet qui me touche, qui me concerne. Donc ça arrivera certainement sur un deuxième album ou ailleurs."

Une prise de conscience qui touche de plus en plus d'artistes

Coldplay essaye de réduire son impact sur la planète et souhaite faire des concerts avec une neutralité carbone. Ils n'ont pas encore vraiment trouvé la solution, mais y travaillent. En attendant le groupe de Chris Martin a décidé de repousser à plus tard la tournée de promotion d’Everyday Life, leur album sorti en novembre dernier. 

Nous allons prendre notre temps, au cours des deux prochaines années, pour faire en sorte que notre tournée soit respectueuse de l’environnement, qu’elle ait un impact positif.

Un geste louable, certes, mais pour la grande majorité des artistes, les tournées restent leur principale source de revenus. Difficile donc de les annuler. Il faut donc repenser la manière de faire des concerts.

Pour les anglais de Massive Attack, agir pour la planète, c'est le choix de tourner en train. Le groupe finance en parallèle une étude sur le bilan carbone de l'industrie musicale : "Les chercheurs vont examiner en particulier les trois principaux domaines où les émissions de CO2 sont générées dans notre secteur : les déplacements, le transport du public et les lieux de concert" précisent-ils.

Engagé depuis longtemps pour l'environnement, Thom Yorke et son groupe Radiohead essayent toujours de jouer dans des lieux facilement accessibles en transports en commun. Investi lui aussi depuis des années, Bono conduit une voiture roulant à l’éthanol et finance les recherches sur ces sujets. Il a également lancé une ligne de vêtements éthiques. Les canadiens d'Arcade Fire, tout comme Alanis Morissette, ont rejoint l’association REVERB pour travailler avec elle sur la réduction drastique des déchets générés par leurs concerts.

En France, en novembre dernier, une soixantaine d'artistes ont signé l'appel Des paroles aux actes, à l'initiative, entre autre, de Shaka Ponk et du collectif The Freaks.

Il s’agit d’un engagement personnel, et professionnel, de dire qu’on a le choix. Nous avons la possibilité d’adopter des comportements plus éco-responsables, alors faisons-le. 

Les signataires se sont engagés à adopter de nouveaux comportements et invitent le public à les suivre dans cette démarche. Vous pouvez ainsi évaluer votre empreinte carbone sur le site du collectif, trouver un guide des bons gestes à adopter et découvrir les bonnes pratiques mises en place par les artistes dans leur vie professionnelle, mais aussi personnelle. 

Dans la ligne de mire : le plastique

Fin décembre, 1 500 artistes de musiques électroniques ont décidé de se joindre à la mobilisation, à l'appel du mouvement Bye Bye Plastic. Comment ? En précisant sur la liste de demandes spécifiques que chaque artiste remplit avant une prestation, (le "rider") ne pas vouloir de plastique à usage unique dans leur loge.

Éliminer les bouteilles en plastique de son quotidien, c'est aussi le credo de Roméo Elvis. Il y a un an le rappeur lançait son hashtag #MaGourdeÀMoi sur ses réseaux pour sensibiliser ses fans, avant de lancer une pétition "Pour la promotion de la gourde au sein des établissements scolaires publics !" Pétition qui a rapidement recueilli 25 000 signatures.

Le collectif Drastic on plastic se proposait en janvier 2020 d'accompagner les festivals pour réduire leur utilisation de plastique. Découvrez la carte des festivals qui se sont engagés. 

Les festivals passent au vert

"Réduire de manière globale l’impact de l’événement sur l’environnement." Une volonté affichée par la grande majorité des festivals aujourd'hui. Un détail qui ne trompe pas : au fil des années, les pages consacrées à l'engagement pour l'environnement des sites internet des festivals se sont considérablement allongées et étoffées. Quelques exemples : 

La réduction des déchets, leur gestion et le tri ne sont quasiment plus une option. Rock en Seine atteint un taux de près de 30% de déchets triés ou revalorisés. Les Eurockéennes en annoncent 55, Les Vieilles Charrues, 41 et le Hellfest, 62.

La préservation de l'eau passe par les toilettes sèches, notamment aux Vieilles Charrues ou au festival du Bout du Monde. Crozon qui fait un carton avec son "pisse-debout", un drôle d’accessoire qui permet aux femmes de faire pipi sans avoir besoin de se dévêtir totalement, ni de s’asseoir. 

La limitation de l'émission de gaz à effet de serre est désormais une vraie préoccupation, mais elle dépend beaucoup de la situation géographique du festival. Rock en Seine prévoit les horaires des concerts afin de permettre un retour en transports en commun. A Belfort et à La Rochelle les festivals ont un partenariat avec la SNCF qui propose des navettes TER gratuites.

Les Vieilles Charrues ont été les premiers, en 2018, a utiliser du bio-propane pour alimenter les espaces de restauration. Il s'agit d'un nouveau gaz renouvelable qui émet 78% de CO2 de moins que le propane, et ne rejette aucune particule fine.

Depuis peu la maîtrise de la consommation énergétique est également prise en compte. Rock en Seine a déjà adopté les lumières LED et précise sur son site que "Le recours aux énergies propres progresse sur l’ensemble du festival". Idem aux Francofolies à La Rochelle, aux Vieilles Charrues, à Solidays... Du côté de Belfort, les déchets alimentaires "méthanisés" permettent la création d’électricité.

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