Le nouveau président américain a fait de l'environnement l'une de ses premières priorités, juste après la lutte contre la Covid-19. Il a déjà signé plusieurs décrets mettant un coup d'arrêt à la politique de Donald Trump.

Joe Biden lance un programme ambitieux en matière environnementale
Joe Biden lance un programme ambitieux en matière environnementale © AFP / JIM WATSON

Le programme de Joe Biden pour faire face au changement climatique est vu comme très ambitieux. "Nous allons lutter contre le changement climatique comme nous ne l'avons jamais fait jusqu'ici", a-t-il déclaré le soir même de son investiture. Le nouveau président américain détaillera ses mesures environnementales le 27 janvier prochain. Dans une note que plusieurs médias américains se sont procurée, il est écrit que son projet donnera le coup d'envoi d'une "série de règles visant à combattre le réchauffement climatique aux États-Unis et à élever le changement climatique au rang de priorité de sécurité nationale"

Certains décrets, signés par Joe Biden dès son arrivée, prévoient d'examiner toutes les mesures décidées par Donald Trump susceptibles d'avoir nui à la lutte contre le changement climatique. Il s'agit d'un virage politique majeur pour le deuxième pays émetteur de gaz à effet de serre au monde (après la Chine). En effet, l'administration Trump a toujours douté de l'importance d'agir contre le changement climatique et a assoupli certaines normes environnementales pour favoriser le développement de l'industrie fossile. 

Joe Biden s'engage à mettre les Etats-Unis sur la voie de la neutralité carbone d'ici 2050 pour permettre une diminution des émissions de gaz à effet de serre. Cette diminution est nécessaire pour éviter une aggravation de l'impact du changement climatique sur la planète.  

Les États-Unis retournent dans l'Accord de Paris

L'acte le plus symbolique de Joe Biden a été de signer un décret dès le 20 janvier marquant le retour des États-Unis dans l'Accord de Parissigné par Barack Obama en 2016 avant d'être annulé par Donald Trump. Officiellement, ce retour se fera le 20 février 2021.  

L'idée principale pour les plus de 200 pays signataires de l'Accord est de s'engager à réduire leurs émissions de carbone et leur utilisation d'énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel...) afin de maintenir la hausse de la température du globe à +2° maximum d'ici 2050. En outre, l'accord vise à accroître la capacité des pays à faire face aux impacts du changement climatique. 

Mais en 2018, les scientifiques du GIEC ont estimé que les plus gros émetteurs de CO2 devaient s'engager à réduire leurs émissions afin que la hausse globale des températures ne dépasse pas finalement les +1,5°. 

Joe Biden propose de décarboner la production d'électricité d'ici 2035 et faire en sorte que les émissions soient réduites à 0 d'ici 2050. Cela signifie que toute émission serait compensée en absorbant dans l'atmosphère l'équivalent de ce qui a été émis, par exemple en plantant des arbres. 

Selon la communauté scientifique, cet objectif de bilan carbone neutre pour les Etats-Unis d'ici 2050 pourrait permettre d'atteindre l'objectif de +1,5° de la température mondiale. Joe Biden veut allouer 2.000 milliards de dollars sur quatre ans à réduire les émissions en améliorant quatre million d'immeubles et en les rendant  écologiques. 

Autre projet : plus dépenser pour améliorer les transports publics, investir dans la construction de véhicules électriques et de bornes de recharge, et distribuer à la population des aides à l'achat de véhicules propres. L'idée de Joe Biden est de trouver des solutions écologiques tout en créant des emplois.  

Arrêt de la fracturation hydraulique

Sur les terres fédérales, Joe Biden veut arrêter la fracturation hydraulique dont le principe est d'injecter des produits chimiques dans la pierre pour en extraire du gaz naturel et du pétrole. Mais 90% de la fracturation hydraulique se fait sur des propriétés privées ou des terres appartenant aux États.

L'arrêt du pipeline XXL reliant les États-Unis avec le Canada

Joe Biden a également signé un décret dès le 20 janvier au soir mettant fin purement et simplement au permis de construction de l'oléoduc Keystone XL traversant la frontière entre les États-Unis et le Canada. Mais le sujet est sensible car le Premier ministre canadien Justin Trudeau soutient ce projet. Il devait permettre d'acheminer dès 2023 plus de 800.000 barils de pétrole par jour entre l'Alberta (Canada) et les raffineries américaines du Golfe du Mexique.

"Alors que nous saluons l'engagement du président à lutter contre le changement climatique, nous sommes déçus mais prenons note de la décision du président d'honorer sa promesse de campagne électorale pour Keystone XL", a écrit Justin Trudeau dans un communiqué.

Le groupe canadien TC Energy, qui construit Keystone, a de son côté annoncé la suspension des travaux quelques heures avant la signature du décret par Joe Biden. Selon le groupe, l'arrêt du projet va entraîner "le licenciement de milliers de travailleurs"

Justin Trudeau, sous pression de l'opposition conservatrice et de la province pétrolière de l'Alberta frappée par la chute des cours de l'or noir, a rappelé que le Canada était "le premier fournisseur d'énergie des États-Unis. A ce titre, nous contribuons à la sécurité énergétique et à la compétitivité économique des États-Unis et nous soutenons des milliers d'emplois des deux côtés de la frontière", a-t-il ajouté. 

Le Canada possède les troisièmes réserves prouvées du monde, principalement contenues dans des sables bitumineux de l'ouest dont l'exploitation est critiquée pour son impact environnemental.