C'est le rapport qui fait mal en pleine COP24. L'étude annuelle menée par le Global Carbon Project sur les émissions de CO2 de différents pays annonce à nouveau une hausse mondiale des émissions en raison des activités humaines.

La central à charbon de Datong, dans la province septentrionale du Shanxi en Chine
La central à charbon de Datong, dans la province septentrionale du Shanxi en Chine © AFP / Greg Baker

La voiture, sujet sensible et pourtant les scientifiques nous le disent, une fois de plus que notre dépendance aux énergies fossiles, pétrole, gaz, charbon, a des conséquences catastrophiques sur le climat !

Les émissions de CO2 augmentent encore en 2018. Une hausse mondiale moyenne de plus de 2%. Rappelons que le CO2 est le principal (en quantité) gaz à effet de serre produit par l'activité humaine et donc, une des causes principales du réchauffement climatique.

Cette augmentation de 2% correspond à des projections (car l'année n'est pas finie) du Global Carbon project. Il s'agit d'un bilan carbone annuel effectué par une trentaine de laboratoires dans le monde. C'est une très mauvaise nouvelle en pleine COP24.

Après trois années de stagnation, les émissions mondiales sont reparties à la hausse depuis 2017. Les 2% de plus annoncés pour 2018 correspondent à une moyenne. L'augmentation se situera en fait dans une fourchette d'incertitude de 1,8% à 3,7%. 

Pour ce qui concerne la croissance projetée des émissions de dioxyde de carbone provenant des combustibles fossiles et de l’industrie (c'est-à-dire une partie des activités humaines), cette croissance serait de + 2,7% en 2018.

Pétrole, charbon, gaz sont les principaux responsables des émissions de CO2 qui continuent d'augmenter dans le monde. Pour parvenir à l'objectif de l'Accord de Paris, c'est-à-dire, rester sous la barre d'un réchauffement  de 2 degrés à la fin du siècle, il faudrait diminuer de 25% les émissions mondiales de CO2 d'ici 2030. 

Emissions mondiales de C02 en 2018

Tous responsables

Certains pays ont des émissions en baisse et d'autres en augmentation, l'évolution du total mondial représentant un équilibre de ces forces opposées.

Les émissions de CO2 ont fortement augmenté aux Etats-Unis en raison des rigueurs de l'hiver. Les émissions américaines devraient à nouveau diminuer en 2019, ce qui indique que le gaz, l’énergie éolienne et solaire bon marché continueront de remplacer le charbon. 

Les émissions dans l'Europe des 28 ont diminué régulièrement après 2008, car la crise financière mondiale a entraîné une baisse de l’activité et de la consommation industrielles, mais les réductions ont cessé depuis 2014 avec la reprise économique. Une légère baisse des émissions de l'UE est espérée, autour de -0,7% pour 2018. 

La Chine, à l'origine de la croissance inattendue et rapide des années 2000, a joué un rôle-clé dans le ralentissement inattendu de la croissance des émissions de 2014 à 2016, mais les émissions ont augmenté en 2017. En 2018, les émissions devraient augmenter de + 4,7% [fourchette de 2,0% à + 7,4%], ce qui laisse vraisemblable le fait que les émissions de la Chine n'ont pas encore atteint leur niveau minimal. 

Le charbon devrait dominer le système énergétique chinois au cours de la prochaine décennie. 

En Inde, une croissance économique de l'ordre de 8% entraînera pour 2018 une augmentation d'environ 6% des émissions de CO2.  Le charbon est toujours le pilier de l’économie indienne et, comme en Chine, il sera difficile pour l’énergie solaire et éolienne de remplacer le charbon en raison de la forte croissance de la consommation d’énergie.

Ça va trop vite, trop fort

La croissance rapide des technologies à faible émission de carbone (véhicules solaires, éoliens et électriques) ne suffit pas encore pour atteindre le niveau maximum d'émissions mondiales, encore moins pour réduire les émissions selon les objectifs de l'Accord de Paris.

Or la demande d'énergie dépasse largement les efforts de décarbonisation. 

Cela doit changer, et cela doit changer rapidement

C'est l'avis de la chercheuse, Corinne Le Quéré, directrice du Centre Tyndall pour la recherche sur le changement climatique et professeur de science et de politique du changement climatique à l'Université d'East Anglia au Royaume-Uni. 

"Il faudrait que ça change vite mais les engagements pris à Paris en 2015 en matière de réduction des émissions ne sont pas encore assortis de mesures proportionnelles", selon Glen Peters, l'un des collègues de Corinne Le Quéré.

Pour l'instant, le CO2 gagne la partie face aux énergies renouvelables. C'est un véritable échec souligne le rapport du Global Carbon Project. 

Concentration moyenne dans l'air de CO2

Pour le climatologue Kevin Anderson, de l'Université de Manchester, "il est temps d'ouvrir les yeux": "sur fond d'illusion collective, de tenue de comptes partiale et de mensonges, les émissions vont continuer à grimper", a-t-il commenté à la lecture des résultats, selon l'AFP.  Les Etats sont réunis jusqu'au 14 décembre à Katowice pour la COP24. La conférence a jusqu'ici été l'occasion d'appels répétés de l'ONU et des pays les plus vulnérables à accélérer la réduction des émissions, mais il y a eu peu d'engagements fermes.  Les participants sont invités à faire un point sur l'ambition globale.

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À l'occasion de la COP24, retrouvez toutes les émissions et les chroniques sur le changement climatique, par les antennes de Radio France. Quel est l'impact du réchauffement climatique sur l'environnement ? Quels dangers, quelles solutions ? À retrouver sur iTunessur Deezer ou en fil RSS.

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