Un glacier du versant italien du massif du Mont-Blanc, qui a fondu à vitesse accélérée cet été, menace de s'effondrer. L'accès à la vallée a été limité. C'est une des conséquences du réchauffement climatique.

Val Ferret depuis le mont Chety au-dessus de Courmayer, Les Grand Jorasses, Val d'Aoste, Italie.
Val Ferret depuis le mont Chety au-dessus de Courmayer, Les Grand Jorasses, Val d'Aoste, Italie. © AFP / Loraine Wilson / Robert Harding Premium / robertharding

Un glacier du versant italien du massif du Mont-Blanc, qui a fondu à vitesse accélérée cet été, menace de s'effondrer en contrebas dans une vallée peu habitée mais touristique, dont l'accès a été restreint à quelques heures par jour.  

L'équivalent de 100 piscines olympiques pourrait se déverser dans le Val Ferret

Le maire de la station alpine de Courmayeur (nord-ouest de l'Italie), Stefano Miserocchi, qui a autorité sur cette zone, a pris une ordonnance prévoyant "la fermeture totale la nuit de la route d'accès au Val Ferret", vallée parallèle à celle de Courmayeur où le glacier Planpincieux pourrait s'écrouler. 

Un accès limité est prévu en journée, uniquement aux voitures. Il a aussi décidé "l'évacuation préventive" des quelques habitations de cette zone, selon un communiqué de la mairie. "Avec les fortes chaleurs de cet été, il y a eu entre août et la première moitié de septembre une accélération de la fonte du glacier, au rythme moyen de 35 cm par jour, jusqu'à des pics de 50/60 cm certains jours", a expliqué à l'AFP Moreno Vignolini, un porte-parole de la mairie de Courmayeur.  

Avec les fortes chaleurs de cet été, il y a eu entre août et la première moitié de septembre une accélération de la fonte du glacier, au rythme moyen de 35 cm par jour.

Selon lui, une portion représentant "un cinquième ou un sixième" du glacier menace de se détacher, "la partie la plus basse, et cela correspond à environ 250.000 mètres cubes" de glace, soit l'équivalent de 100 piscines olympiques, qui pourraient se déverser dans le Val Ferret.  Le maire a confirmé que la "grosse fracture qui s'est produite entre la partie stable du glacier et le reste" est liée au réchauffement climatique, et que les glaciers "sont dans une phase de retrait et de réduction".

Nous sommes dans une phase historique où les glaciers sont en grande difficulté à cause du changement climatique et des températures élevées aussi bien en été qu'en hiver.

A priori pas de risque pour la population

C'est la fondation Montagna Sicura, qui surveille ce glacier depuis 2013, qui a prévenu la mairie.   Le secrétaire de Montagna Sicura, Jean-Pierre Fosson, a déclaré mercredi au quotidien Messaggero que "ce glacier est atypique car tempéré, donc influencé par la température de l'eau qui coule en-dessous, ce qui l'expose particulièrement au réchauffement climatique".   "L'an passé il avait connu des effondrements bizarres en octobre et cette année, avec le détachement du bloc et la vitesse de déplacement de 60 cm, c'est vraiment beaucoup, ce qui nous a incités à avertir le maire", a expliqué M. Fosson.  Selon lui, le glacier "pourrait se détacher d'un seul bloc, s'effriter ou ne pas s'effondrer du tout".  Il a toutefois balayé "tout alarmisme", soulignant que "la population n'est pas à risque". Les mesures de prévention montrent, selon lui, que "l'Italie est un pays qui fait de la prévention et de la recherche. On prend en compte la sécurité en montagne. C'était une mesure nécessaire pour éviter un scénario plus grave".

Comme l'indique le rapport du GIEC sur les océans paru ce 25 septembre, le recul des glaciers et les changements de la couverture neigeuse ont déjà contribué à la baisse des rendements agricoles dans certaines régions de haute montagne. Les activités de tourisme et la pratique des sports de montagne seront de plus en plus impactées par la fonte des glaces, sans compter les modifications des écosystèmes. 

Selon Samuel Morin, glaciologue, interrogé par Célia Quilleret de France Inter, ces glaciers de basse altitude "changent de forme et se rétrécissent, depuis plusieurs années et ça va se poursuivre, dans les Alpes, comme les Pyrénées. Ça modifie le régime hydrologique des rivières. Les pluies sont réparties régulièrement et la fonte des neige normalement vient au printemps ; donc désormais il y a des enjeux sur l’eau, et par ailleurs sur les voies d’alpinisme qui ne sont plus praticables. Ça remet en question le paysage et la nature même de notre environnement. Pour les populations la baisse de l'enneigement pertube également l’identité culturelle des populations qui vivent dans les zones de montagne".

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