Fini le ski alpin, place maintenant à des activités nature en fonction du climat ? De plus en plus de stations de ski doivent se reconvertir ou fermer. Les vacances de février ne riment plus forcément avec ski. Voici quelques exemples de fermeture ou adaptation.

La station des Hautes-Navières
La station des Hautes-Navières © Hautes-Vosges.net

Alors que France Montagne se félicite d'annoncer que 80% des stations de ski sont correctement enneigées à la veille des vacances, les professionnels sont contraints d'admettre que les conditions climatiques riment de moins en moins avec rentabilité. A Montclar les 2 vallées, dans les Alpes, en début de saison, l'arrivée de neige par hélicoptère a soulevé la polémique. L'impact écologique et l'impact d'image ont été calculé avant de recourir à ce moyen, mais le procédé a pu laisser perplexe.

De la même manière, à Céüse, près de Gap, dans les Hautes-Alpes, la communauté de communes de Buech-Devoluy, a fini par abandonner l'idée de voir la station reprise par un investisseur, après un an d'arrêt du ski alpin sur les pistes. Après 85 ans d'existence, le domaine de Céüse, devra donc repenser son avenir. Les élus réfléchissent à une solution qui exclut le ski. 

Les petites stations en première ligne

Les Alpes est le massif le plus touché par le changement climatique, ces stations seront donc les plus concernées. D'une manière générale, la plus part des stations qui ferment, sont des petites unités.

Dans les Vosges, la station de ski des Hautes-Navières au Valtin n'accueillera plus jamais de skieurs. C'est officiel depuis le 31 décembre 2019 : fermeture définitive des trois téléskis, ils ne tournerons plus jamais. 

La fermeture définitive est actée depuis quelques semaines. Mais l'idée avait déjà fait son chemin dans la tête du gérant, Sébastien Baradel. "Ce n'est pas rentable, et vu les conditions météo qui se dégradent , ce n'est pas plus mal. Le mieux c'est que notre matériel serve ailleurs", explique-t-il. 

L'idéal pour Sébastien Baradel serait de revendre les remontées à d'autres stations françaises ou étrangères. Alors pour l'instant, seul le fil à neige et une partie de la location de skis ont été revendus. La dameuse a même été cédée à un agriculteur de Sancerre dans le centre de la France. En revanche, les téléskis n'ont pas trouvé preneurs. Si ce n'est pas fait d'ici 4 ans, comme le demande la mairie du Valtin, le tout partira à la ferraille.  "Il ne faudrait pas les envoyer à la ferraille, ce serait dommage. En tout cas, il est hors de question des les abandonner dans la nature", estime Sébastien Baradel. Fini le ski alpin, place maintenant à une activité possible durant quatre saisons. Sébastien Baradel souhaite désormais développer une offre hôtelière de janvier à décembre et ainsi attirer la clientèle toute l'année,  alors que non loin de là, au Grand Valtin, le téléski et les deux pistes sont toujours exploitées. Là, aucune fermeture n'est envisagée, pourtant les conditions sont les mêmes.  

Dans les Pyrénées, perdre la neige mais pas les touristes

Le Conseil départemental de Haute-Garonne, qui a repris en 2018 la gestion de trois stations pyrénéennes, va investir 25 millions d'euros sur les 5 prochaines années pour une reconversion touristique "quatre saisons" permettant de pallier un déficit d'enneigement à l'avenir.  

Le massif pyrénéen, qui représente environ 10% du marché du ski hexogonal, est l'un des plus exposés au réchauffement climatique en France. L'épaisseur de neige pourrait y diminuer de moitié et les températures maximales moyennes augmenter de 1,4 à 3,3 degrés d'ici à 2050, selon l'Observatoire pyrénéen du changement climatique (OPCC). 

La création d'un syndicat mixte, gérant les sites de Mourtis, Luchon Superbagnères et Bourg d'Oueil, a permis à ces trois stations "déjà en forte difficulté financière, de maintenir leur activité et leurs emplois, en engageant les investissements nécessaires à la pratique des sports d'hiver et de montagne", selon le département.  Mais, l'objectif est également de développer une réelle stratégie de reconversion touristique  avec un  programme d'investissements de 25 millions d'euros sur cinq ans.   

La Haute-Garonne est le seul département pyrénéen à ce jour à avoir repris la gestion de trois stations en difficultés.  Il s'agit de maintenir une activité touristique et économique en dépit des modifications du climat. 

A l'inverse des trois stations gérées par le département, les stations de plus haute altitude annoncent pour la plupart plus d'un mètre de neige en haut des pistes, notamment à Peyragudes, Piau, Luz-Ardiden, Gourette et Cauterets. C'est la neige de culture qui permet de sauver la skiabilité de ces sites. Pour l'instant, en tout cas. 

Renouveler les activités hivernales

La plupart des stations qui ferment sont des sites pour lesquelles l'impact économique sera faible. Les stations de sports d'hiver représentent 120 000 emplois non délocalisables et 11 milliards d'euros de chiffres d'affaire, selon France Montagne, association regroupant les principaux acteurs du tourisme de montagne en France. Pas question donc, de faire une croix sur un tel pactole. Pour les stations alpines, les plus touchées par le nombre de fermeture de stations, l'enjeu est donc important. 

"Aujourd'hui, nous vendons des vacances à la montagne. Pas seulement du ski. Le ski est la locomotive. Mais nous proposons plus de 40 activités, de jour comme de nuit, autour du ski. On voit poindre cette année beaucoup d'activités de bien-être, de fitness", explique le directeur général de France Montagne. Alors disons que pour les 10% de Français qui sont concernés par le ski, ils iront désormais aux sports d'hiver, sports pour lesquels les planches de ski seront de moins en moins utiles. 

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