Un rapport publié ce jeudi par l'Organisation météorologique mondiale fait, à nouveau, état de la situation alarmante du climat à l'échelle mondiale. Avec une nouveauté : à présent, les effets du réchauffement se font non seulement ressentir sur l'environnement, mais aussi directement sur les activités humaines.

Les dégâts après le cyclone Mangkhut à Hong Kong, mi-septembre
Les dégâts après le cyclone Mangkhut à Hong Kong, mi-septembre © Maxppp / Fei Wong

Un rapport alarmiste, des constats glaçants, et la nécessité d'agir : ce scénario n'est pas nouveau. Depuis plusieurs mois, et notamment le dernier rapport des experts du GIEC, les scientifiques alertent sur l'urgence de contrer le changement climatique. Ce nouveau document, produit par l'OMM, vient ajouter davantage de précisions à ce que l'on sait déjà. 

Une hausse de 3 à 5 degrés Celsius d'ici la fin du siècle

D'abord, la tendance globale de réchauffement climatique a perduré en 2018, ce qui en fait le quatrième pic de température observé depuis 1850 (les précédents pics datant de 2015, 2016 et 2017). De janvier à octobre, la température était en moyenne d'un degré plus élevée qu'à l'époque pré-industrielle. De même, la hausse du niveau des océans, l'acidification des mers et la fonte des glaciers ont également continué. Au total, si cette tendance perdure, nous pourrions observer une hausse globale de 3 à 5 degrés d'ici la fin du siècle. 

Nous sommes la première génération à comprendre complètement le changement climatique, et la dernière à pouvoir agir”, met en garde Petteri Taalas, secrétaire général de l'OMM. Selon les scientifiques, chaque dixième de degré Celsius supplémentaire aura des conséquences concrètes, sur la santé humaine, l'accès à l'eau potable, la survie des animaux et des océans. 

Des catastrophes naturelles à répétition en 2018

Exemple concret de ces changements, le nombre de tempêtes tropicales a dépassé la moyenne : cette année, jusqu'au 20 novembre, 70 cyclones ont déjà été recensés alors que la moyenne se situe à 53. Parmi les plus intenses, on trouve Mangkhut, qui a ravagé les Philippines, Hong-Kong et la Chine en septembre, ou encore Jebi, le plus fort typhon que le Japon ait connu depuis 1993.

En août, plus de 5 millions d’habitants du sud-ouest de l’Inde ont fait face aux pires inondations depuis les années 20. Cet été, au moins 230 Japonais sont morts dans des inondations sans précédent. Le rapport de l'OMM mentionne aussi les ouragans et inondations meurtriers observés sur les bords de la Méditerrannée, et notamment les dramatiques débordements qui ont eu lieu dans l'Aude en octobre.

Conséquences de la sécheresse, les feux de forêt ont aussi causé d’immenses dégâts : ces dernières semaines, la Californie a connu l'incendie le plus meurtrier de son histoire. En juillet dernier, la Grèce a aussi été endeuillée par d'intenses feux de forêt. "On note aussi les records de chaleur battus dans beaucoup de villes européennes cet été, avec une vague de décès liés à la chaleur en France", note Omar Baddour, coordonateur de suivi du climat à l'OMM.

Les migrations, conséquences directes du changement climatique

Autres impacts notables des évolutions du climat : l’augmentation de la faim dans le monde et l’exode de centaines de milliers de personnes. Après une période de baisse, la malnutrition a regagné du terrain : 821 millions de personnes sous-nourries ont été recensées en 2017. C’est en Afrique que les événements climatiques ont affecté le plus de personnes (59 millions en 2017), les bouleversements climatiques ayant durement affecté l’agriculture et l’élevage. 

L'OMM précise que parmi les 17 millions de déplacés dans le monde l'an dernier, 2,3 millions l’ont été suite à des crises environnementales. En Somalie, où l’on recense 642 000 déplacés, trois quarts d'entre eux l'ont été à cause des inondations et de la sécheresse. Ils ne sont que 26 % à avoir migré à cause des conflits. "Ce signal est très alarmant, parce que l'on commence à sentir les dégâts au niveau de la population, pas seulement au niveau des écosystèmes", note Omar Baddour.

Omar Baddour et toute la communauté scientifique le répètent : "Il faut accélérer et mettre en pratique ce qui a été décidé pendant la COP de 2015 à Paris." Avec ce dernier rapport, les experts de l'OMM espèrent faire remonter leurs inquiétudes et leurs recommandations aux décideurs de la COP 24, qui se tient du 2 au 14 décembre prochains en Pologne.

POUR ALLER PLUS LOIN : Consultez le rapport de l'Organisation météorologique mondiale (en anglais) 

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