Depuis que la Chine a fermé ses frontières à l'importation de déchets, la France - et l'Europe en général - se retrouve avec une partie de ses cartons usagés sur les bras. Car l'hexagone ne compte pas suffisamment de papeteries pour être autonome en matière de recyclage.

En France, près de 80% des cartons sont collectés et triés.
En France, près de 80% des cartons sont collectés et triés. © Maxppp / Milena Boniek

Quel sort attend l'emballage carton que vous avez soigneusement placé dans la poubelle jaune ? En France, 6 960 000 tonnes de papiers et cartons ont été collectés en 2018, soit un taux de récupération de 79,2%. Sauf qu'une partie de ce stock n'a en ce moment pas de solution de recyclage et s'entasse dans les centres de tri. 

"Aujourd'hui, nous avons du mal à évacuer tout ce que nous avons collecté ", explique Pascal Genneviève, président de la branche carton de Federec, la fédération des entreprises de recyclage. La raison ? Le nombre insuffisant de papeteries françaises. Elles ne consomment que 5,4 tonnes de carton déjà usagé. Il reste donc 1 565 000 tonnes à écouler vers l'étranger. tJusqu'ici, la France expédiait l'excédent de ses déchets cartons vers d'autres pays d'Europe, essentiellement l'Allemagne et l'Espagne. Mais ces débouchés se ferment.

"Quand vous achetiez une télévision, un sèche-cheveux, une grille-pain, le carton d'emballage repartait ensuite vers la Chine".

La Chine a fermé ses frontières

L'explication ? En 2019, la Chine a fermé ses frontières aux déchets carton de l'Europe.  C'est donc toute l'Europe qui se retrouve saturée, et par ricochet, le marché français. "Dans presque tous les centres de tri de France, les stocks de déchets carton débordent, dépassant parfois le niveau autorisé". Face à cette absence de débouché, les prix du carton usagé ont dégringolé. "En moyenne, ils ont chuté de moitié par rapport à 2018", estime Jean-Philippe Carpentier, le patron de Federec. 

La solution de repli trouvée par la profession ? L'envoi des cartons à recycler vers l'Asie du Sud-Est par bateau. Mais pour Jan Le Moux représentant de Copacel, l’union française des industries des Cartons, Papier et Celluloses, la solution est loin d'être idéale d'un point de vue environnemental. "On avait l'habitude d'envoyer nos déchets en Asie, mais ce serait bien d'avoir des politiques qui incitent plutôt à la création d'usines en France. Ce serait bénéfique pour l'emploi mais aussi pour l'environnement, puisqu'on maîtriserait mieux nos impacts environnementaux".

Cela permettrait ainsi à l'hexagone de vendre à la Chine la matière première dont elle a besoin pour fabriquer les emballages carton qu'elle nous réexpédie quand nous achetons des biens de consommation "made in China". 

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