Les 150 citoyens de la Convention pour le climat viennent de remettre au gouvernement leur cahier de doléances pour la sortie de crise : un ensemble de 50 mesures pour bâtir un plan de relance économique et écologique. Une pierre à l'édifice indispensable selon eux. France Inter vous en révèle les principales.

Quelques un des 150 membres de la convention citoyenne photographiés par JR
Quelques un des 150 membres de la convention citoyenne photographiés par JR © Radio France / Célia Quilleret

Les citoyens tirés au sort veulent éviter de reproduire les erreurs du plan de relance qui a succédé à la crise financière de 2008. L'État avait alors porté secours à de grandes entreprises sans contrepartie environnementale. La conséquence avait été un investissement massif dans les énergies fossiles. 

Avec ce cahier de doléances, voté à la hâte pour l'occasion, les citoyens espèrent apporter leur contribution au plan de relance du gouvernement. Ils demandent notamment un plan d’investissement pour l’agriculture avec une priorité donnée aux circuits courts, qui privilégierait la production locale, durable, à faible coût environnemental, et limiterait le transports de produits alimentaires. 

Ils demandent par ailleurs un plan d'investissement pour les transports en commun et pour les voitures sans essence

Ils prônent également un plan de relocalisation de certaines activités stratégiques pour éviter le transport de marchandises sur des milliers de kilomètres et garantir une plus grande autonomie alimentaire, énergétique et sanitaire. Sans oublier une autre mesure, qui n'est pas sans conséquence : une meilleure régulation de la publicité pour les produits hautement carbonés, c'est-à-dire fortement émetteurs en CO2.

À plus long terme, ils proposent par ailleurs des mesures pour rendre obligatoire la rénovation énergétique des bâtiments d’ici à 2040 et lutter contre l’étalement des villes et l'artificialisation des sols, le but étant de protéger la nature et de réduire les émissions de CO2. Enfin, ils souhaitent renégocier certains accords internationaux , là encore pour réduire les flux d’import export. Globalement, dans cette "contribution à la sortie de crise", ils demandent "que les financements mobilisés dans ce cadre soient socialement acceptables, fléchés vers des solutions vertes et que les investissements se concentrent dans des secteurs d’avenir respectueux du climat." C'est ce qui importe le plus par exemple à Sylvain Burquier, cadre dans une entreprise, et membre de la Convention citoyenne. Pour lui, "il faut que les milliards du plan de relance soient fléchés vers des investissements verts, avec l'appui de la Caisse des dépôts et consignation". 

Une bouteille à la mer pour ne pas rater le train de la transition

Mais les garants de cette convention ne souhaitent pas que ces cinquante mesures soient toutes rendues publiques. D'ailleurs, les citoyens ont écarté des mesures jugées par certains trop polémiques comme la réduction de la vitesse sur autoroute. Toutes ces mesures en tout cas ont un impact pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, et leur coût pour l'Etat a été évalué.

Les citoyens tirés au sort, comme William Aucant, architecte urbaniste nantais, espèrent que le président tiendra compte de ce travail, comme il l’avait promis, même si le contexte est bouleversé. "Nous voulons être là au moment du plan de sortie de crise", confie-t-il. "Nous avons des mesures urgentes et structurantes, le président avait parlé de nous lors de ses vœux, ce n'est pas le moment de nous oublier", ajoute-t-il. Voilà un message envoyé comme une bouteille à la mer.

Il y aura bien une session finale pour clôturer cette Convention citoyenne pour le climat, mais le rendez-vous n'a pas été fixé. Certains citoyens ne cachent pas leur inquiétude. Si le président ne les écoute pas maintenant, leurs travaux pourraient progressivement tomber dans l'oubli dans les mois qui viennent.

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