Des chercheurs du CNRS ont révélé cette semaine les premiers résultats d’une nouvelle étude sur le réchauffement climatique et les récifs coralliens. Avec un constat alarmant : si les coraux disparaissent, les côtes seront beaucoup moins protégées de l'érosion.

S'ils meurent, les coraux ne protègeront plus efficacement nos côtes
S'ils meurent, les coraux ne protègeront plus efficacement nos côtes © Getty / GettyImages

Moorea, en Polynésie française. C’est dans ce décor idyllique que le laboratoire CRIOBE (centre de recherches insulaires et observatoire de l’environnement), dépendant du CNRS, a posé ses valises pour étudier le rôle des coraux. Après un an de recherches, les résultats préliminaires étaient présentés ce vendredi 12 octobre. 

Entre 2015 et 2017, nous avons eu une mortalité massive des coraux liée au réchauffement climatique”, explique Valeriano Parravicini, directeur d’études à l’école pratique des hautes études, affectée au CRIOBE. “L’enjeu de l’étude, c’est de comprendre si ce genre de mortalité n’a qu’un effet physiologique (sur les coraux en eux-mêmes), ou s’il peut y avoir davantage d’implications sur les services écosystémiques rendus”.

Environ 500 millions de personnes dans le monde dépendent des récifs coralliens, aussi bien pour se nourrir que pour préserver leurs zones côtières. quel est l'impact lié au changement climatique  ?

Avec le réchauffement climatique, les coraux ne rempliraient plus leur rôle de barrière naturelle

Après un an d’études, les résultats préliminaires du CRIOBE montrent l'impact concret du réchauffement climatique sur les côtes de la Polynésie française.

Si les coraux sont en bonne santé, ils protègent efficacement les côtes de l’érosion”, explique le chercheur. Ils servent en quelque sorte de “digues” face aux grandes vagues océaniques.  D'après le dernier rapport du Giec publié le 8 octobre,  99 % des récifs mourraient si la Terre se réchauffait de seulement deux degrés Celsius en 2100.  “si l’on perd les coraux, en 2100, on pourrait avoir des vagues deux fois plus grandes dans les lagons”, explique le chercheur. Les chercheurs ont également réalisé des modélisations mathématiques sur les conséquences sur la pêche : "la disparition des coraux impacterait jusqu’à 40 % de la biomasse" estime Valériano Parracini en précisant toutefois qu'il faut maintenant confirmer ces résultats par des données empiriques.  

Il n'est pas trop tard pour inverser la tendance

Pour autant, tout n’est pas perdu, selon Valério Parravicini. “Si on est capable de protéger les coraux, on sera en mesure de préserver les services qu'il rend”.

Que faire alors ? “Chacun peut faire quelque chose à son niveau”, assure le chercheur. “Éviter la surconsommation d’énergie, mais aussi éviter certaines marques de crème solaire, consommer des poissons issus de la pêche durable… _On ne peut pas seulement attendre des politiques globales pour agir_".

La bonne nouvelle toutefois, c'est que les récifs coralliens de Polynésie française sont résilients malgré les assauts répétés, invasion d'une étoile de mer tueuse, un cyclone en 2010 et des épisodes de blanchissement liés au réchauffement climatiques. "ils ont une capacité à rebondir qui est extraordinaire", explique l'écologue Valériano Parravicini. En 2010, le taux de recouvrement était de 0%, aujourd'hui il est de 40%.

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