D'ici la fin du siècle, les ours polaires pourraient disparaître à cause de la fonte progressive de la banquise due au réchauffement climatique. La disparition du carnivore est documentée dans une étude publiée dans "Nature Climate Change".

Avec la fonte de la banquise, le terrain de chasse de l'ours polaire se réduit et le conduit à la famine.
Avec la fonte de la banquise, le terrain de chasse de l'ours polaire se réduit et le conduit à la famine. © Getty / Paul Souders

Les ours polaires sont voués à mourir de faim. C'est la conclusion de travaux scientifiques publiés lundi dans "Nature Climate Change". Le réchauffement climatique va les pousser à la famine avec la fonte de la banquise. Or, il s'agit de leur habitat, c'est là qu'ils trouvent leur alimentation favorite : les phoques. 

Le plus grand carnivore terrestre au monde a l'habitude de jeûner pendant des mois, à la saison estivale. Quand les températures baissent à nouveau (jusqu'à -40° en Arctique), ils retournent sur la banquise pour dévorer l'alimentation riche et grasse que constituent les phoques. 

Le réchauffement de la planète est deux fois plus rapide en Arctique que sur le reste de la planète, la glace met de plus en temps de à se former. Pour se nourrir, les plantigrades s'éloignent de leur habitat naturel et parfois s'approchent de zones plus habitées. Chaque décennie, la surface de la banquise décroit de plus de 13%.

Leur période de chasse diminue, leur jeûne se prolonge. Par conséquence, leur état physique s'en trouve dégradé. Pour les femelles, la situation est encore plus critique. À l'automne, elles se réfugient dans leur tanière pour mettre bas, et n'en ressortent qu'au printemps avec leurs oursons. C'est une période vitale pour elles et leurs petits : elles doivent tuer un maximum de phoques pour faire les réserves de gras nécessaires et nourrir leurs petits. Avec une banquise réduite, la chasse se restreint.

Pour arriver à leur conclusion, les scientifiques qui ont mené cette recherche ont calculé le nombre limite de jours de jeûne en fonction de leurs dépenses énergétiques et du poids d'un ours. La période de jeûne augmente inexorablement. Le destin funeste des ours polaire semble scellé. 

Dans leurs travaux, les scientifiques ont travaillé sur deux options :

  1. La première : les émissions de gaz à effets de serre sont les mêmes qu'aujourd'hui. La disparation programmée de l'ours blanc ne fait aucun doute. 

  2. La deuxième, plus optimiste, dessine un scénario où la planète chauffe moins qu'aujourd'hui. Dans ce cas-là, l'extinction n'est plus une évidence, mais l'espèce resterait largement en péril. 

L’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) considère les ours blancs comme une espèce _"vulnérable"._ Les classer en "danger critique" ne les protégerait en rien du mal qui les guette. Ce classement est utile pour des animaux en proie au braconnage, ou quand l'Homme pille de ses mains leur habitat naturel. Pour le plantigrade, c'est la montée des températures qui provoque à sa disparition. 

La planète a gagné 1°C depuis l'ère pré-industrielle. Les engagements actuels des États conduiront à un monde à 3°. Il va falloir moins d'un siècle pour que la planète laisse mourir le plus grand carnivore qu'elle abrite. Selon Steven Amstrup, l'un des auteurs de cette étude, "Il faudra peut-être envisager d’abattre les derniers ours polaires, au lieu de les laisser mourir de faim."

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