Le tirage au sort des 150 citoyens qui composeront "cette France en petit" aura lieu à partir de la mi-août, sur la base des listes téléphoniques. La convention se réunira pour la première fois du 4 au 6 octobre.

Manifestation d'étudiants à Toulouse, le 24 mai, pour dénoncer l'inaction climatique des pouvoirs publics.
Manifestation d'étudiants à Toulouse, le 24 mai, pour dénoncer l'inaction climatique des pouvoirs publics. © AFP / Alain Pitton / NurPhoto

Promesse d’Emmanuel Macron en pleine crise des "gilets jaunes", la convention citoyenne sur le climat a pris un peu de retard. Censée démarrer ses travaux au mois de juin, elle se réunira finalement pour la première fois les 4, 5 et 6 octobre

Le tirage au sort

Les 150 citoyennes et citoyens seront tirés au sort à partir de la mi-août, "un peu comme pour un sondage", expliquait ce jeudi sur France Inter le réalisateur et militant écologiste Cyril Dion, garant de la convention. "On va prendre des gens qui sont à la fois jeunes et vieux, riches et pauvres, issus de l’immigration pour pas, écolos ou non". L’idée étant de récréer une "France en petit", résumait début juillet Thierry Pech, co-président du Comité de gouvernance.

Pour être représentatif de la société française, ce panel devra donc comprendre :

  • 52% de femmes et 48% d'hommes
  • 6 tranches d'âge conformes à la pyramide des âges. Des jeunes de 16 ou 17 ans pourraient également participer
  • 28% des participants seront sans diplômes. 
  • Le poids des régions sera évidemment pris en compte, avec quatre représentants pour les Outre-Mer.

Afin de sélectionner les participants, 300 000 personnes seront appelées : 85% sur leur téléphone portable, 15% sur leur ligne fixe, précise le site internet du Conseil économique, social et environnemental. "À la différence des listes électorales, les listes téléphoniques permettent à ceux qui ne peuvent pas voter d’être tirés au sort", justifie Cyril Dion, qui précise que les personnes appelées auront le droit de refuser.

Calendrier et méthodologie

Les participants travailleront six week-ends de trois jours, espacés à chaque fois de trois semaines, jusqu’à début 2020. "On va les former à la question climatique, leur faire rencontrer un certain nombre d’experts qui vont leur expliquer la trajectoire actuelle, les enjeux, les solutions existantes et les difficultés qu’on n’arrive pas à surmonter. Ils vont délibérer pendant cinq mois. Comme un jury d’assises. Sauf que la question est : comment réduire d’au moins 40% d’ici 2030", détaille Cyril Dion.

Une indemnité journalière de 86,24 euros est prévue, de même qu’une indemnité de transport, une indemnité de perte de revenu professionnel, et si besoin une indemnité journalière de séjour. 

Que va-t-il advenir des propositions formulées ?

Cyril Dion souligne qu'Emmanuel Macron s’est engagé à ce que les propositions faites par la convention citoyenne sur le climat "aillent sans filtre au Parlement, au référendum ou à l'application réglementaire directe". Le militant reconnaît que la seule garantie obtenue est la parole donnée publiquement par le chef de l’État. D’où l’importance, selon lui, de la visibilité accordée aux travaux de la convention.

Plus les Français vont pouvoir y participer, plus il va être difficile à l’issue de cet exercice démocratique inédit de nous dire ‘non, on fait pas de référendum’ ou ‘on n’envoie pas au parlement'.

Le rôle des garants sera justement de s’assurer que le processus et l’issue de l’exercice seront conformes à ce qui a été élaboré. Ils sont trois : aux côtés de Cyril Dion figurent Anne Frago, directrice du service culture et questions sociales de l'Assemblée, et Michèle Kadi, ancienne directrice des missions institutionnelles du Sénat.

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