Le président de la République doit préciser mardi, devant les membres du Conseil national de la transition écologique, un nouveau cap pour la transition écologique, plus "acceptable", plus "démocratique" et plus décentralisé.

Le président de la République Emmanuel Macron et son ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy.
Le président de la République Emmanuel Macron et son ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy. © AFP / Thomas SAMSON / POOL

Les réponses d'Emmanuel Macron suffiront-elles à calmer les "gilets jaunes" ? Le président de la République va annoncer mardi un nouveau cap pour la transition écologique, avec de nouvelles mesures et la prise en compte des problématiques propres à chaque territoire, pour rendre cette transition "acceptable et démocratique".

Selon l'Élysée, devant les membres du Conseil national de la transition écologique (CNTE), composé d'élus, de syndicats, d'ONG et d'associations, le chef de l'État exposera ses choix en matière d'énergie, notamment sur le nucléaire, pour élaborer la future PPE (Programmation pluriannuelle de l'énergie) au 1er semestre prochain.

Mais Emmanuel Macron va aussi préciser la place des énergies fossiles, du pouvoir d'achat, du climat, de la santé... afin de répondre à la fois aux revendications des "gilets jaunes" et aux propositions de certains syndicats d'ouvrir des négociations sociales en lien avec la transition énergétique.

"Nous avons reçu le message des citoyens. Il nous invite à aller plus loin. Pour qu'elle ne soit pas socialement inacceptable, il faut que la transition écologique, qui est nécessaire, soit juste, équitable et démocratique. Nous devons donc mobiliser tous ceux qui la rendront acceptable, pour ne laisser personne de côté", ont indiqué les conseillers de l'Elysée, sans vouloir déflorer les annonces de mardi.

"Pacte social" et transition décentralisée

Concrètement, le président devrait dévoiler de nouvelles mesures d'aide, l'ouverture de négociations, y compris éventuellement sur les taxes écologiques, ainsi qu'une méthode, un "pacte social" et des négociations territoriales pour les mettre en oeuvre de manière efficace et décentralisée. L'amélioration énergétique des bâtiments et les nouvelles mobilités devraient être particulièrement concernées. 

L'État pourrait aussi aider les collectivités à renforcer la mobilité, encourager ceux qui changent de système de chauffage ou soutenir davantage les énergies renouvelables."La transition écologique se fera avec les citoyens. Il y a aura de l'argent, des débats et un méthode", résume l'Élysée.

Le ministre de la Transition écologique François de Rugy devrait détailler ensuite les mesures annoncées, notamment les nouvelles responsabilités du CNTE, chargé d'analyser l'efficacité des outils choisis, sur le terrain et d'améliorer la circulation de l'information, comme par exemple sur la prime à la conversion, pas toujours bien comprise par les concessionnaires automobiles.

Les mesures décidées au terme de cette vaste concertation pourront être intégrées dans la loi sur la mobilité (en février au Parlement) ou dans la PPE.  Ce discours interviendra trois jours après la manifestation prévue samedi à Paris par les "gilets jaunes", après plusieurs jours de mobilisation qui ont entraîné des milliers de blocages de routes mais aussi fait deux morts et des centaines de blessés.

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