Un député écrit à la ministre de l’Écologie pour demander l’interdiction de la chasse à la marmotte, qui ouvre bientôt dans plusieurs départements. Cette chasse "n'a plus aucune raison d'être" estime une association écologiste.

Un député des Alpes-Maritimes veut interdire la chasse à la marmotte.
Un député des Alpes-Maritimes veut interdire la chasse à la marmotte. © Maxppp / Sylvestre

Dans quelques jours, le 12 septembre, la chasse à la marmotte sera ouverte en Savoie, en Isère, en Haute-Savoie ou encore dans les Alpes-Maritimes, pour une durée d’un ou deux mois en fonction des départements. "C'est une dame qui m'a envoyé un message et qui m'a appris que la chasse à la marmotte allait bientôt commencer", confie Loïc Dombreval, député LREM des Alpes-Maritimes. Tous les départements alpins sont concernés. "J’étais atterré", raconte l’élu, contacté par France Inter. Il a donc écrit un courrier à Barbara Pompili, la ministre de la transition écologique, bien que la marmotte ne soit pas une espèce protégée.

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"Il n’y a plus grand monde qui chasse la marmotte, juste les anciens"

"C’est une pratique d'un autre âge", fulmine Georges Erome, responsable biodiversité à France Nature Environnement en Auvergne-Rhône-Alpes, "on ne peut pas justifier cette chasse. C'est uniquement pour le plaisir d'appuyer sur la gâchette et faire des cartons." Loïc Dombreval, qui est aussi le rapporteur général de la loi contre la maltraitance animale, ajoute : "C'est un animal qui vit à découvert, qui ne court pas vite, qui ne sait pas se protéger, qui n'a aucune qualité gustative, qui ne nuit à personne, certainement pas à un être humain." Les principaux prédateurs de la marmotte sont l’aigle royal, le renard et parfois le loup.

En Savoie, la pratique est marginale et reste interdite dans certains secteurs de montagne. C’est le cas également en Isère, où la préfecture écrit dans son arrêté qu’il proscrit de tuer des marmottes dans les principaux massifs comme le Vercors et en Chartreuse. 343 marmottes ont été "prélevées" en 2020 en Savoie.

Joint par France Inter, un chasseur originaire de Tarentaise explique qu’il existe des quotas, de "10, 20 voire 50" marmottes qu’il est autorisé de tuer en fonction des secteurs. "Mais les gens y vont de moins en moins, il n’y a plus grand monde qui chasse la marmotte, juste les anciens" concède-t-il. "Ce que l'on me dit", rétorque Loïc Dombreval, "c'est que c'est un animal utilisé pour s'entraîner au tir, ou que l'on vise quand on a rien tiré durant sa sortie de chasse." Chaque chasseur doit partir avec un cahier de prélèvement, c'est obligatoire détaille le député.

"Il faut indiquer les marmottes tuées sur un cahier de prélèvement, mais ils ne sont jamais remplis. On me dit qu'il y a quelques dizaines de bêtes qui seraient tuées tous les ans en Alpes-Maritimes."

La marmotte, "c'est le symbole même de la montagne", clame George Erome. "Tous les gens qui vont en montagne et qui ont des gosses ont envie de voir des marmottes. C'est le plaisir des yeux. C'est la vie en altitude." Il conclut : "En tant que biologiste, je ne vois pas le justificatif, quel est l'argument que tout chasseur peut évoquer quand il va faire un carton sur la marmotte."