"Oui aux agrocarburants, non à l'huile de palme!" Voilà le message des députés qui viennent de publier un rapport d'information sur le sujet, après un an d'auditions. S'ils sont favorables à certains agrocarburants à base de plantes ou déchets français, ils refusent toute aide fiscale pour les dérivés d'huile de palme.

Les agrocarburants sont produits notamment à base de betterave, de moût de raisins, ou de déchets agricoles,
Les agrocarburants sont produits notamment à base de betterave, de moût de raisins, ou de déchets agricoles, © Maxppp / Aurimages / Philippe Roy

Pour ces députés, il y a une distinction très importante entre les agrocarburants à base de betterave, de moût de raisins, ou de déchets agricoles, et les agrocarburants issus d'huile de palme importée. Ils demandent un soutien plus fort de l'État pour ces agrocarburants 100% français, et ils estiment que les constructeurs automobiles devraient installer davantage de dispositifs "flex fuel" sur les voitures, pour permettre aux utilisateurs de changer plus facilement de carburant. 

"À un moment où nos nos agriculteurs, notamment dans le secteur de la betterave, souffrent, on peut leur trouver une voie de diversification avec ces agrocarburants", explique Stéphane Demilly, député UDI et Indépendants de la Somme. "Le problème, ajoute-t-il, c'est qu'il y a des lobbies opposés aux biocarburants. Quand j'étais maire, je voulais montrer l'exemple, mais j'ai été obligé d'acheter des Ford pour avoir des "flex fuel", c'est vraiment dommage", regrette-t-il.  

Des circuits-courts pour les carburants, comme dans l'alimentation

Dans la circonscription de Jean-François Césarini, député LREM du Vaucluse, "des coopératives de vin produisent du moût de raisin, c'est-à-dire des déchets, qui font tourner des bus de ville beaucoup moins polluants", détaille-t-il. Le co-rapporteur réclame une "incitation fiscale proportionnelle au potentiel écologique des agrocarburants", car selon lui, "on peut parler des circuits courts de carburants, comme des circuits courts dans l'alimentation".  Mais qui dit "circuit-court" suppose de ne pas encourager l'huile de palme, importée notamment dans l'usine Total de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône. D'abord parce que cette huile de palme entraîne "une distorsion de concurrence" selon ces députés avec les agrocarburants français, ensuite parce que cette huile de palme "a des conséquences désastreuses sur la déforestation".

Et quand on leur demande pourquoi encourager la production d’agrocarburants alors que les voitures thermiques sont amenées à disparaître d'ici 20 ans, ces députés expliquent que les voitures à essence continueront de rouler, et qu'il faut bien prévoir des alternatives aux carburants les plus polluants. Pour Bertrand Pancher, député radical de la Meuse, "après 2040, il y aura toujours les anciennes voitures, des avions ou des bateaux, il est donc utile de soutenir cette filière".

Et en effet, selon ce rapport parlementaire, "ces agrocarburants émettent 65 à 70% de gaz à effet de serre en moins que les carburants classiques, s'ils ne comportent pas d'huile de palme importée", mais face aux critiques, les députés réclament des études d'impact supplémentaires sur les biocarburants produits à partir de résidus ou d'algues.     

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