Les incendies que subissent les États de l'ouest américain depuis plusieurs semaines produisent des fumées historiquement importantes : près de 30 mégatonnes de carbone ont déjà été émises. Selon le service de surveillance européen Copernicus, les fumées se dégageant de ces incendies ont atteint l'Europe.

Les incendies provoquent des panaches de fumée immenses au-dessus des territoires brûlés - ici en Californie
Les incendies provoquent des panaches de fumée immenses au-dessus des territoires brûlés - ici en Californie © AFP / Satellite image ©2020 Maxar Technologies

Les monstrueux incendies de l'ouest américain sont dévastateurs. Depuis plusieurs jours, des feux ravagent les forêts de plusieurs États américains, en particulier la Californie et l'Oregon. Ce mercredi, le service européen Copernicus, chargé d'observer le changement climatique, a observé que ces feux sont "des dizaines à des centaines de fois plus intenses" que la moyenne des 15 dernières années aux États-Unis sur la période 2003-2019, c'est-à-dire depuis que le service de surveillance de l'atmosphère (CAMS) de Copernicus a commencé ses mesures. 

Conséquence : les fumées se dégageant de ces incendies ont atteint l'Europe. Elles ont été observées une première fois, la semaine dernière, au-dessus du Royaume-Uni et de la France. Et un nouvel épisode est prévu pour les prochains jours. La raison, c'est à la fois l'ampleur, l'intensité et la durée des incendies en Californie et dans l'Oregon. Ces deux États ont déjà relâché bien plus de carbone en 2020 qu'aucune autre année depuis le début des mesures, il à 18 ans : 30 millions de tonnes – à terme de comparaison, un Français émet environ 12 tonnes de carbone par an. 

Des fumées sur plus de 8 000 kilomètres

Pendant plusieurs jours, les satellites de Copernicus ont pu voir de la fumée restée au large de la côte Pacifique. Mais avec un changement du vent, les panaches sont remontés vers l'Amérique du Nord. Un nouveau régime de vents, couplé à la nature des fumées, permet ainsi d'avoir une idée de la distance que cette pollution est capable de parcourir. 

Les satellites montrent des fumées très chargées en particules, épaisses, qui bloquent le rayonnement solaire. Transportées entre cinq et dix kilomètres d'altitude, ces fumées peuvent voyager sur plus de 8 000 kilomètres. Cela montre à quel point ces feux sont dévastateurs, d'autant plus que c'est la deuxième fois en un an que l'on assiste à ce phénomène de transport global des fumées d'incendies : les feux en Australie de fin 2019, qui ont duré plusieurs mois, ont en janvier dernier fait le tour complet de la Terre, eux aussi transportés par des courants ascendants puis des vents d'altitude. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.