Tueurs en série de chevaux, adeptes de trophées animaliers ? Le nombre d’animaux attaqués, mutilés et parfois abattus s’est exceptionnellement accru depuis le début de l’année. Sur l’ensemble du territoire, ce sont désormais 13 enquêtes -12 de gendarmerie et une en zone police- qui ont été ouvertes par des procureurs.

Le nombre d’animaux attaqués, mutilés et parfois abattus s’est multiplié depuis le début de l’année
Le nombre d’animaux attaqués, mutilés et parfois abattus s’est multiplié depuis le début de l’année © Radio France / Clément Soubigou

Le parquet du tribunal de grande instance de Saint-Brieuc, dans les Côtes d’Armor, confirmait vendredi soir avoir regroupé plusieurs affaires de jument, poney et étalons retrouvés gravement blessés, attaqués par un ou des prédateurs humains… 

C’est la découverte d’un cadavre de cheval mutilé dans le département qui a incité les autorités judiciaires à intensifier les investigations en confiant ces affaires à une seule et même brigade de gendarmerie. L’objectif est de mettre à l’épreuve l’hypothèse d’éventuels liens entre ces actes de cruauté. 

Les gendarmes travaillent notamment sur la piste de deux hommes qu’un propriétaire a mis en fuite en milieu de semaine à Pedernec, toujours dans les Côtes d’Armor. Ce ne sont pas des "suspects" à l’heure actuelle, précise un magistrat, car ils n’ont malheureusement pas encore été identifiés, mais c’est à coup sûr l’espoir de résoudre enfin l’une de ces affaires en série d’attaques de chevaux qui concernent quatorze départements au total. 

La fédération française d’équitation a décidé de se porter partie civile et de s’associer à toutes les plaintes déposées ces dernières semaines. Sur leur site internet, ses responsables ont posté des conseils de prévention pour limiter les risques : par exemple poser le type de petites caméras utilisées en temps normal par les chasseurs et qui ont déjà prouvé leur efficacité.  

Pas de serial killer de chevaux

À ce jour, à moins que des prélèvements d’ADN puissent "matcher" dans les semaines à venir, il n’y aurait pas d’indice de lien formel entre les différentes affaires. Du côté de la gendarmerie nationale, on confirme le manque de cohérence entre les modes opératoires, même si plusieurs chevaux ont été retrouvés avec une oreille en moins, comme si les auteurs avaient voulu s’offrir un trophée. Certains faits sont visiblement l’œuvre d’auteurs connaissant bien ce type d’animaux et capable d’opérer presque de manière pour ainsi dire chirurgicale. Mais d’autres actes de barbarie sont beaucoup moins précis…  

"On a décidé pour l’instant de laisser les dossiers dans les brigades de gendarmerie concernées", confie une source proche du dossier, même si l’office centrale de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP), basé à Arcueil près de Paris, a été chargé d’apporter son appui logistique.  

En attendant, des propriétaires d’étalons, de juments, d’ânes et de poneys  s’organisent pour collecter, partager et publier en ligne tous les cas de blessures intentionnelles sur ces dernières années, ainsi que les cas d’animaux tués. Une liste morbide qui s’allonge de jour en jour…

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