Le gouvernement a déposé un amendement au Sénat destiné à permettre le vote par anticipation pour l'élection présidentielle de 2022, dans certains bureaux, via une machine à voter, à une date fixée par décret, ce qui constituerait une première en France.

En 2022 on votera peut-être par anticipation, dans les chef-lieu de département, grâce à une machine à voter comme ici à Issy-les-Moulineaux
En 2022 on votera peut-être par anticipation, dans les chef-lieu de département, grâce à une machine à voter comme ici à Issy-les-Moulineaux © AFP / Pierre VERDY

Le gouvernement propose d’expérimenter, pour la prochaine présidentielle, en 2022, le vote par anticipation, déjà en vigueur aux États-Unis notamment. Nous pourrions voter une journée dans la semaine précédant le premier et le second tour. Cette proposition prend la forme d’un amendement déposé au Sénat sur le texte régissant l’élection présidentielle qui est débattu actuellement.

Comment cela pourrait se dérouler ? 

Il faudra d’abord s’inscrire sur Internet et choisir de voter par anticipation. Ce sera le mardi, mercredi, ou jeudi précédant les premier et second tours, forcément après le débat d’entre-deux-tours. La date sera fixée par décret. 

Ce jour-là, vous pourrez aller voter dans n’importe quel chef-lieu de département, ce peut-être près de chez vous, de votre travail, de votre lieu de vacances. Dans le bureau de vote, pas des bulletins et d'urne, mais une machine de vote électronique qui sera ensuite mise à l’abri jusqu’au dépouillement, le dimanche soir. 

Lutter contre l'abstention ? 

Pourquoi se limiter aux chefs-lieux de départements ? "Par souci de sécurité" répond le ministère de l’Intérieur.
"Par souci électoral" tacle la droite, "ce sont les jeunes urbains qu’Emmanuel Macron veut choyer". "Nous voulons lutter contre l’abstention", plaident les équipes de Gérald Darmanin qui ont bien remarqué que les dimanches 25 avril et 9 mai 2022, une partie des Français seront en congés. Cela correspond, pile, aux vacances scolaires d’île de France et d’Occitanie. 

Au Portugal, le mois dernier, 250.000 personnes ont ainsi voté en amont. Si on extrapole en France, cela ferait plus d’un millions d’électeurs. Aux États-Unis, ils furent 100 millions lors de la dernière présidentielle.

Le vote électronique, difficulté supplémentaire

Cette idée sera donc débattue dès 9h ce mercredi 17 février en commission des Lois au Sénat. Le Conseil d'État et Conseil constitutionnel n'ont pas encore été consultés. 

Ce qui est sûr, c'est que la droite, qui détient la majorité à la chambre haute, n’en veut pas. Le rapporteur du texte, le sénateur LR, Stéphane Le Rudulier, se méfie de la fiabilité du vote électronique : "Ça a l'air d'un amendement bricolé à la dernière minute, vraiment bricolé, qui pourrait semer le doute encore une fois sur l'élection présidentielle" déplore -t-il. "Si dorénavant, les scores entre les deux candidats arrivés au second tour sont très serrés, qu'il faut recompter ou qu'il y a des recours par rapport aux résultats, effectivement, le fait d'introduire cette modalité de vote, qui n'est pas d'une fiabilité absolue, pourrait remettre en cause la légitimité du candidat."

Le Conseil d'État et Conseil constitutionnel n'ont pas encore été consultés.

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