Plutôt que le dépistage indiscriminé, tel qu'il est pratique aujourd'hui, le centre anticancer Gustave Roussy plaide pour un dépistage et une prévention surtout centrés sur les publics les plus à risque. Pour en faire la preuve, le centre anticancer vient de lancer le programme "Interception".

Le centre anticancer Gustave Roussy préconise un programme de prévention personnalisé
Le centre anticancer Gustave Roussy préconise un programme de prévention personnalisé © Maxppp / Guillaume Bonnefont

Ce jeudi 4 février, c'est la journée mondiale contre le cancer, jour choisi par Emmanuel Macron pour annoncer sa stratégie cancer pour les dix prochaines années. Un plan en 4 axes où la prévention et le dépistage seront largement abordés, car il n'y a pas que le curatif, avec une bonne prévention, certains cancers sont évitables et un cancer repéré tôt se soigne mieux. 

Le dépistage tel qu'il est organisé aujourd'hui est-il pertinent ? 

Les programmes de dépistage proposés aujourd'hui pour le cancer du sein ou le cancer colorectal ont leurs mérites, mais aussi leurs défauts, notamment leur taux d'adhésion : 35% seulement, par exemple, pour le cancer colorectal. Et surtout, ils ciblent une classe d'âge, mais sans distinction des risques propres à chacun. 

Or, on n'est pas égaux face au cancer. Certains ont des risques augmentés, qu'on est d'ailleurs beaucoup plus à même d'identifier aujourd'hui. Ces risques sont liés à leur mode de vie, leur environnement, leur patrimoine génétique. C'est ce public que vise le programme Interception que vient de lancer Gustave Roussy. 

Un programme de prévention personnalisé

L'étude espère inclure 5.000 patients dans les trois ans qui viennent, grâce à un questionnaire précis. Le médecin de ville identifiera le risque et si ce risque est avéré, les patients seront adressés au centre anticancer qui affinera la prédiction et leur proposera en conséquence un programme de prévention très personnalisé. "Il peut y avoir du dépistage particulier pour des personnes à haut risque de cancer du poumon en raison du tabac ou pour un risque de cancer colorectal, explique Suzette Delaloge, oncologue médicale, à l'origine du programme. "Les aspects nutritionnels vont être plus incisifs. Comment manger plus de fibres, etc." 

Objectif : prévenir ou repérer au plus vite un cancer chez ces publics à risque. Le programme permettra de déterminer si ce suivi génère des résultats probants et s'il suscite l'enthousiasme et l'adhésion des patients. Si ça marche, il aura peut-être vocation à être généralisé. On estime que 40% des personnes qui vont avoir un cancer, pourraient ainsi être opérées avant le stade clinique.