Le pays est toujours, de très loin, le pays qui compte le plus de malades et de morts du coronavirus, avec une augmentation impressionnante du nombre de cas quotidiens ces deux dernières semaines. Après une première vague en avril, une seconde au cœur de l'été, les Américains vivent une troisième vague dévastatrice.

Une femme porte un masque aux couleurs du drapeau américain dans les rues de New-York, le 22 octobre 2020
Une femme porte un masque aux couleurs du drapeau américain dans les rues de New-York, le 22 octobre 2020 © AFP / Dmitry Parshin / Sputnik

C'est désormais moins une vague qu'un tsunami. Aux États-Unis, selon les chiffres du New York Times, le nombre de malades recensés chaque jour dans le pays est proche du double de ce qu'il était lors de la deuxième vague, mi-juillet, et quatre fois plus que lors de la première vague, au mois d'avril. À l'inverse, le nombre de morts quotidiens du Covid, lui, reste similaire à celui de la deuxième vague, et moitié moins que lors de la première. Cela peut indiquer une proportion plus faible de cas graves, ainsi qu'une meilleure prise en charge de ces cas.

Reste que le nombre cumulé de cas identifiés aux États-Unis en fait toujours le pays le plus durement touché. Et ce total prend rapidement de l'ampleur ces deux dernières semaines. Depuis le début de l'épidémie, les États-Unis ont enregistré plus de 10,33 millions de cas, et plus de 240 000 morts. C'est presque 19 % du total des victimes dans le monde (environ 1 273 000).

Bien entendu, ce chiffre est aussi à ramener à la population des États-Unis (328,2 millions d'habitants). Mais même en prenant en compte la proportion de cas positifs par rapport à la population, le pays est en tête : 3,15 %, contre 2,73 % par exemple pour la France, ou 0,64 % pour l'Inde, pourtant deuxième au niveau du nombre de cas (mais avec une population gigantesque de 1,35 milliard d'habitants).

Y a-t-il plus de cas parce qu'il y a plus de tests ? Ce fut longtemps l'argument du président sortant, Donald Trump. Mais il ne fonctionne pas lorsqu'on s'intéresse, cette fois, au taux de positivité (autrement dit, la proportion de tests positifs sur les tests réalisés). Si l'on met en parallèle le nombre de tests réalisés et le nombre de cas lors de la deuxième vague (semaines 28 à 30, du 6 au 26 juillet) on constate que ce dernier augmente malgré la baisse du nombre de tests, et connait ensuite une baisse bien plus légère. Idem pour la semaine 44 (du 26 octobre au 1er novembre), où la baisse du nombre de tests ne ralentit pas la hausse du nombre de cas.

Depuis le mois de mai aux États-Unis, le taux de positivité des ces tests reste à peu près constant, à un niveau plutôt élevé : entre 5,5 et 9,8 %. Par comparaison, le taux de positivité en France, lui, ne cesse d'augmenter. Il est passé en 15 semaines de 1,1 % à 21 %.

Quelles solutions pour endiguer l'épidémie ? Pour le président élu Joe Biden notamment, cela passe par les gestes barrières, en particulier le port du masque, que l'on connait bien en France, pour ralentir les contaminations.

Le candidat démocrate plaide depuis longtemps pour un port massif du masque dans la population (il l'a d'ailleurs fait constamment pendant sa campagne), rappelant qu'il ne s'agit "pas d'une posture politique" : "Il est temps de mettre fin à la politisation des gestes responsables de santé publique", a-t-il martelé récemment dans le Delaware, visant les partisans de Donald Trump qui a, depuis des mois, minimisé l'ampleur de la pandémie et la nécessité de se couvrir le nez et la bouche.

Résultat : si la moitié des Américains disent aujourd'hui porter systématiquement le masque (et un peu plus de 20 % disent le porter "souvent"), près d'un tiers ne le portent jamais ou seulement de temps en temps.