À partir de ce 4 janvier, les salles de cours verront à nouveau passer des étudiants, après de longues semaines en cours à distance. Mais pas tous les étudiants, loin de là : les groupes ne pourront pas dépasser dix personnes, sélectionnées en fonction de l'urgence de leur situation.

Suivre ses cours à distance de tout amphi ou salle de cours restera la règle encore plusieurs semaines
Suivre ses cours à distance de tout amphi ou salle de cours restera la règle encore plusieurs semaines © AFP / Hans Lucas / Adrien Nowak

Une circulaire du 19 décembre précise les conditions de cette "reprise progressive des enseignements". Une reprise très attendue, par les personnels comme par les étudiants, en particulier les étudiants de première année. "Ils ont eu une année de terminale compliquée, avec des cours en distance depuis le mois de mars", explique Guillaume Gellé, vice président de la CPU la conférence des présidents d'université. "Ils sont revenus en septembre pour quelques semaines sur les campus, puis ils se sont à nouveau retrouvés en enseignement à distance !"

"Beaucoup d'étudiants sont enfermés chez eux, avec une surcharge de travail", regrette également Céline, étudiante à la Sorbonne à Paris. "Il y a aussi une fatigue physique : quand on passe 7 heures de cours devant un écran, forcément le corps en pâtit. De plus, des états dépressifs sont apparus chez beaucoup d'entre nous." Le retour à la normale va donc commencer à partir de ce lundi, le 4 janvier, sous conditions strictes et avec un processus très progressif qui dépendra aussi de l'évolution de la situation sanitaire.

Qui peut reprendre les cours ce 4 janvier ?

Les groupes ne peuvent pas comporter plus de dix étudiants, en fonction de l'urgence de leur situation. Ces étudiants sont accueillis "sur convocation" uniquement. Il s'agira en priorité :

  • d'étudiants nouvellement arrivés dans l'enseignement supérieur,
  • d'étudiants en situation de handicap,
  • d'étudiants en situation de précarité numérique,
  • d'étudiants en décrochage,
  • d'étudiants internationaux,
  • mais aussi, au cas par cas, de "tous ceux et celles qui appellent l'attention [des enseignants] du fait de l'urgence ou de circonstances individuelles particulières".

La circulaire laisse donc une certaine marge de manœuvre aux universités pour déterminer les étudiants qui ont le plus besoin de retrouver les salles de cours.

Quand les autres étudiants pourront-ils reprendre les cours ?

Sur cette question, la circulaire est plus vague. Elle explique que la "situation sanitaire appréciée à la fin du mois de décembre permettra de déterminer et d’annoncer début janvier les modalités d’une extension de l’accueil des enseignements en présentiel". Autrement dit, tout dépendra de l'évolution de l'épidémie.

Au plus tôt, les travaux dirigés pourront reprendre la semaine du 20 janvier 2021, là encore pour des étudiants bien précis. Cela concernerait les étudiants :

  • de première année de licence,
  • de première année de DUT,
  • de première année de classe préparatoire intégrée aux formations d’ingénieur,
  • et plus largement les étudiants en toute première année de formation.

Les autres étudiants restent en enseignement à distance jusqu'à nouvel ordre.

Les cours à distance restent la règle

Au-delà de ces exceptions, la règle de l'enseignement à distance prévue dans la circulaire précédente du 30 octobre continuera de s'appliquer encore plusieurs semaines au moins. Seule exception : "Certains enseignements pratiques peuvent être délivrés en présentiel dans le cas où le caractère pratique de l’enseignement rend impossible de l’effectuer à distance."

C'est le recteur de chaque région académique qui déterminera quels enseignements nécessitent de mettre en place une exception au télétravail des étudiants.

Dans tous les cas, la jauge restera réduite à 50 % de la capacité d'accueil maximale des salles d'enseignement.

Et le couvre-feu dans tout ça ?

La circulaire rappelle que le couvre-feu s'applique aussi aux étudiants et personnels universitaires : ils ne peuvent pas se déplacer hors de leur lieu de résidence de 20h à 6h du matin. 

Mais là encore, il y a des exceptions. Sont autorisés :

  • les déplacements vers leur domicile pour "les personnels des bibliothèques, ingénieurs, techniciens, administratifs, de santé ou des services sociaux, aux chercheurs, enseignants-chercheurs, enseignants et aux personnels des CROUS qui poursuivent leurs activités au-delà de 20h"
  • "les enseignements, l’accueil en bibliothèque universitaire, pour un examen ou un concours, jusqu'à 20h compris" (ce qui autorise donc les usagers à rentrer chez eux après 20h)