Une équipe internationale de scientifiques a examiné "La jeune fille à la perle" de Vermeer et a mis en lumière de nouveaux détails sur l'utilisation des pigments et la façon dont Vermeer a réalisé son oeuvre en utilisant différentes couches.

Les scientifiques  ont fait des découvertes en examinant La jeune fille à la perle de Vermeer
Les scientifiques ont fait des découvertes en examinant La jeune fille à la perle de Vermeer © collection Mauritshuis, La Haye.

La jeune fille de Vermeer avait de beaux cils, et le bleu de son turban provenait d’Afghanistan. C'est une partie de ce que nous apprennent les nouvelles recherches effectuées par le musée Mauritshuis, situé à La Haye sur "La jeune fille à la perle" de Vermeer, l'un des tableaux les plus célèbres au monde. Des examens qui ont révélé des éléments la rendant plus "humaine", même si son identité reste encore un mystère.

Grâce à un microscope numérique 3D, l’examen a révélé que la "Joconde du Nord" avait de beaux cils bruns, des cils très fins invisibles à l’œil nu ; si fins que jusqu'à présent, les spectateurs pensaient que cette mystérieuse jeune fille n'en avait pas. Un élément de plus qui la rapproche de la Joconde, dont l'absence de sourcils n'est en réalité que l'effet du temps, qui les a gommés.

Les recherches ont également permis d'établir l'existence d'un rideau vert dans l'arrière-plan, que le temps a effacé. Aujourd'hui, si vous regardez le tableau, le fond semble noir. 

Autre révélation : des changements dans la composition de la toile. En retouchant son tableau, Vermeer a décalé la position de l'oreille, le haut du foulard et la nuque, et il a utilisé des matières premières qui provenaient du monde entier, en particulier pour le turban : un outremer naturel d'Afghanistan qui était à l'époque "plus précieux que l'or".

Plus étonnant encore, la fameuse perle n'est qu'une pure "illusion" picturale, composée de "touches translucides et opaques de pigment blanc". La couche blanche était épaisse mais, à la faveur d’une restauration dans le passé, cette couche a été écrasée. Autrement dit, les couches de peinture suffisent à donner l'impression que l'on fait face à une sphère blanche - l'étude relève notamment qu'il n'y a aucun "crochet" qui relie la perle à l'oreille. 

Reste que malgré ces très hautes technologies, "La jeune fille à la perle" garde son mystère : celui d'un visage qui semble tellement vivant. Est-elle une des filles de Vermeer ou un visage totalement fantasmé par le peintre de la lumière ? On ne le saura sans doute jamais et c’est tant mieux. 

Cet examen complet de ce chef-d’œuvre iconique permettra aussi de mieux surveiller l’évolution de la toile, des pigments, des vernis, mais aujourd'hui, la jeune fille affiche une belle santé.

Ces révélations scientifiques arrivent au moment où la fresque murale de Banksy de "La jeune fille à la perle" à Bristol s’est dotée d’un masque anti-coronavirus…

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