Extrême fatigue, perte de goût et d'odorat : contaminée par le coronavirus fin mars, la jeune femme témoigne de symptômes persistants. Et implore les Français de ne pas abandonner les gestes barrières.

"Il y a des jours où je suis à plat", confie Sophia, qui vient d'avoir 28 ans.
"Il y a des jours où je suis à plat", confie Sophia, qui vient d'avoir 28 ans. © Getty / Isabel Pavia

"Ça a commencé par un genre de rhume, le 26 mars." Sophia se souvient bien des premiers symptômes. Au début, la jeune femme de 28 ans ne s'inquiète pas. Le nez pris, quelques courbatures, une légère toux, cette habitante d'Agen pense avoir "attrapé froid", à cause des courants d'air. Le 1er avril, elle perd le goût et l'odorat, "pile au moment où on était en train de dire que ça faisait officiellement partie des symptômes du Covid". Sophia fait le test : positif. "Pendant trois semaines, j’étais vraiment épuisée." Et si depuis les premiers signes, plus de 4 mois se sont écoulés, les séquelles du virus sont là.

Extrême fatigue

Dans un premier temps, elle a un "regain d'énergie", puis la fatigue extrême frappe à nouveau et sans prévenir. "J’ai des jours où je suis à plat", confie la jeune femme : "Je suis obligée de me poser, parce que je suis fatiguée au point d’avoir les yeux qui se ferment. Ce sont les mêmes sensations que quand j’étais infectée. Pendant un bon quart d’heure, je vais être vraiment fatiguée, je vais devoir m’asseoir."

L'absence de goût, aussi, ce que les scientifiques appellent l'agueusie. "Le 1er avril, j’étais très exactement en train de manger une soupe", se souvient Sophia. "Il y avait beaucoup d’épices, c’était assez relevé. J’ai senti que ça piquait... Mais je ne sentais plus que ça. C’est le tout premier repas où je n’ai plus rien senti du tout." Plus de 4 mois après, elle perçoit toujours les saveurs - sucré, salé, amer, acide - mais impossible d'identifier le goût des aliments.

Et puis l'anosmie, la perte de l'odorat, que Sophia n'a toujours pas retrouvé. "J’ai essayé de sentir des huiles essentielles à l’eucalyptus, mais même ça je ne le sens pas. C’est dangereux aussi, parce que quand quelque chose crame, on ne s'en rend pas compte."

J’adore manger, j’adore les bonnes odeurs. C’est un peu compliqué au quotidien de ne pas pouvoir profiter quand on sort avec les amis.

"J’ai vu que des médecins avaient mis des listes d’aliments, d’épices à sentir tous les jours pour essayer de reconnecter le cerveau : des petits exercices pour essayer de retrouver petit à petit le goût et l’odorat. Je l’ai fait au début, je n’ai pas eu de résultat, du coup j’ai un peu laissé tomber. Je compte m’y remettre", rapporte la jeune femme, qui ne "désespère pas" de recouvrer bientôt le goût et l'odorat.

Ça fait plus de 4 mois, je ne vais pas dire que je m’y habitue mais je le prends un peu mieux qu’au début.

Sophia, en évoquant son propre cas, souhaite aussi faire passer un message : "Beaucoup de gens se disent que ce n’est pas grave. Que c’est un petit rhume, qu’ils sont jeunes… J’aimerais bien qu'ils ne prennent pas ça à la légère. J’ai l’impression que beaucoup de personnes ont laissé un peu tomber les gestes barrières, le port du masque", regrette-t-elle. "Il faut se dire qu’on va respecter ça un temps, c’est juste histoire que tout rentre dans l’ordre après. Ce n’est pas grand-chose dans une vie, et ça peut éviter beaucoup de dégâts."

Sur les réseaux sociaux, des groupes de soutien rassemblent des milliers de malades ou d'anciens malades, et des mots-clés ont émergé dans plusieurs langues, comme les hashtags #apresJ20, #apresJ60... ou même #apresJ120, pour les cas comme celui de Sophia, qui permettent de témoigner de leurs symptômes persistants.

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