Le congé paternité passe de 11 à 25 jours en cas de naissances multiples à partir du 1er juillet en France. C'est un progrès, mais cela laisse encore la France en position d'élève médiocre en Europe en matière de congés parentaux.

Célébrée en France le troisième dimanche de juin, elle est née aux Etats-Unis en 1910, à l'initiative de Mrs Bruce Doods qui voulait honorer la mémoire de son père qui avait élevé seul ses six enfants
Célébrée en France le troisième dimanche de juin, elle est née aux Etats-Unis en 1910, à l'initiative de Mrs Bruce Doods qui voulait honorer la mémoire de son père qui avait élevé seul ses six enfants © Getty / .

À compter du 1er juillet  2021, le congé de paternité et d'accueil de l'enfant est portée à 25 jours fractionnables pour une naissance simple et de 18 à 32 jours en cas de naissances multiples. Auparavant il était de 11 jours calendaires consécutifs. C'est donc un progrès pour les pères et les familles en général. 

Cette mesure est applicable pour les enfants nés à partir 1er juillet  2021 ou nés avant mais dont la naissance était supposée intervenir à partir de cette date. Le congé doit être pris dans un délai de 6 mois suivant la naissance de l'enfant. Un décret paru au Journal officiel le 12 mai 2021 avait officialisé cette nouvelle règle et ses modalités.

Les congés paternité en Europe : la France mal classée

Les 25 jours viennent s'ajouter aux trois jours de congés de naissance et cela porte à 28 le nombre de jours disponibles. C'est une amélioration mais cela fait longtemps que la France n'est plus en pointe sur le sujet et il est plutôt question ici de combler son retard par rapport à ses voisins européens. Il faut malgré tout tempérer les effets de générosité des pays qui accordent de larges congés aux pères. En Norvège par exemple, un tiers des pères ne profitent pas de congés parentaux. 

Les plus mauvais élèves de la classe, en Europe, sur la question du congé pour les pères restent l'Italie et la Grèce, avec sept et deux jours.

Sur les politiques d'accompagnement des naissances, d'une manière générale, Le Luxembourg, l'Islande et la Suède sont les nations qui proposent les meilleures politiques de garde d'enfants parmi les pays riches, selon un rapport de l'Unicef qui classe la France en 19e position, notamment à cause de sa politique en matière de congés parentaux.  

La France est donc 19e dans une liste de 41 pays, membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l'Union européenne (UE) classés selon des critères d'accès, de prix et de qualité des modes de garde, et d'accès à des congés de naissance.

Ces trois pays combinent "accessibilité, prix raisonnables et qualité des services de garde d'enfants" et  des congés parentaux généreux aux deux parents pour leur permettre un vrai choix de leur mode de garde, indique ce rapport de l'agence onusienne en charge du bien-être des enfants.

Pour les mères, c'est toujours trop court

Les congés dont peuvent disposer les mères en France demeurent trop courts (congé de base de 18 semaines à plein salaire, si on prend on compte le congé pathologique au regard des besoins de l'enfant et en comparaison avec les autres pays de l'OCDE,  selon l'Unicef. De plus, si les congés maternité et paternité sont relativement bien rémunérés, la faible indemnisation du congé parental d'éducation et l'existence d'obstacles culturels et professionnels rendent celui-ci peu attractif.   

Moins de la moitié des pays riches offrent au moins 32 semaines de congé à plein salaire aux mères. Et lorsqu'un congé paternel est proposé - toujours beaucoup plus court -, peu de pères le prennent, notamment en raison d'obstacles professionnels et culturels.  

Pour l'Unicef, il faudrait au moins 6 mois de congé parental

Les trois pays en bas du classement, Chypre, Etats-Unis et Slovaquie, se distinguent par la faiblesse de leurs investissements dans les congés et la garde d'enfants, semblant indiquer qu'ils considèrent cela _"comme un avantage plutôt qu'une responsabilité nationale".  _Dans ces pays, un parent à faible revenu peut débourser jusqu'à la moitié de son salaire pour la garde d'enfant.   

Dans un communiqué, l'Unicef encourage vendredi les États à réfléchir à "un congé parental payé d'au moins six mois" et à "un accès universel à des services de garde d'enfants de qualité et abordables, de la naissance à l'entrée en première année d'école".  "Donner aux parents le soutien nécessaire pour donner aux enfants une base solide n'est pas seulement une bonne politique sociale, c'est aussi une bonne politique économique", estime Henrietta Fore, la directrice générale de l'Unicef.