Depuis le 15 mars, depuis que les vols commerciaux sont à l’arrêt, l’agglomération nantaise est épargnée par le bruyant survol des avions. Et ceux qui habitent aux abords des pistes viennent de vivre une période de calme inédite.

En amont de cette barrière, vivent des riverains qui jouxtent les pistes de l'aéroport Nantes Atlantique
En amont de cette barrière, vivent des riverains qui jouxtent les pistes de l'aéroport Nantes Atlantique © Radio France / Béatrice Dugué

Le paradis se referme ce lundi 8 juin au matin, avec la reprise des vols d’Air France d’abord, vers Lyon et Roissy, puis ceux des compagnies lowcost dans les jours qui viennent. "Les petits oiseaux, plein de papillons... La nature avait repris ses droits, sans un bruit. Oui, ça va être dur", prévoit Claire. "On va en souffrir et en pâtir", ajoute David.

David et Claire habitent à Saint-Aignan-Grandlieu, une maison en pleine campagne achetée là parce que l’aéroport devait déménager vers Notre-Dame-des-Landes. Raté... Le référendum du 26 juin 2016 qui donnait une majorité de voix en faveur de ce transfert, a été définitivement enterré en janvier 2018 par le Premier ministre Édouard Philippe, brisant leurs rêves de tranquillité. 

Des avions au dessus de la tête

"Là, nous sommes dans la rue qui donne le plus près de l'entrée de piste" montre David. Les avions atterrissent ou décollent 200 mètres plus loin, de 6h du matin à plus de 20h le soir. Ils sont alors à une centaine de mètres au dessus des habitations. Les riverains ont droit aux effluves de kérosène, et - évidemment - au bruit infernal des réacteurs. Le quotidien des familles du secteur est littéralement pourri par ces nuisances qui auraient dû cesser.

Derrière les bosquets, l'aéroport Nantes Atlantique à Saint Aignan Grandlieu
Derrière les bosquets, l'aéroport Nantes Atlantique à Saint Aignan Grandlieu © Radio France / Béatrice Dugué

Depuis trois mois, l'enfer est devenu paradis. Et c'est le coq qui réveille David. "Il peut chanter, il est à sa place, lui", sourit l'ancien cadre aéronautique. "L'aéroport ne devrait plus être ici", soupire t-il avec regret. "Le confinement nous a offert ce que nous devrions avoir : une vie de campagne, très agréable,  la nature, les oiseaux... La belle vie !"

Le couple hésite aujourd'hui entre fatalisme - "la population n'a pas été écoutée, on ne l'écoutera pas plus maintenant", pour David ; et espoir de voir le trafic aérien se réduire un peu : "Si on peut effectivement diminuer le nombre de vols par jour, tous les riverains seraient très heureux."

Une vingtaine de compagnies aériennes proposaient des vols au départ de Nantes il y a trois mois. Elles seront cinq seulement d’ici la fin du mois de juin. Après Air France ce lundi, les avions d'EasyJet, Volotéa, Transavia et Ryanair repartiront ensuite vers des destinations françaises et européennes.

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