Pour mieux protéger les abeilles des pesticides répandus par les agriculteurs, le gouvernement veut encadrer l'épandage en définissant des horaires censés être moins pénalisant pour les insectes pollinisateurs.

Comment mieux protéger les abeilles des pesticides répandus par les agriculteurs ?
Comment mieux protéger les abeilles des pesticides répandus par les agriculteurs ? © Getty / EyeEm / Soteavy Som

Voilà un sujet qui est sur la table des ministres de l'environnement depuis 2014 : comment mieux protéger les abeilles des pesticides répandus par les agriculteurs. Le dernier arrêté concernant les abeilles date de 2003, il était donc temps de le modifier. 

Après plusieurs années de discussions, les ministères de la Transition écologique et de l'Agriculture vont proposer ce vendredi après-midi un nouveau texte réglementaire que France Inter a pu consulter. Le but est de mieux encadrer les pratiques d'épandages en fixant de nouveaux horaires, mais ce nouvel arrêté ne satisfait pas les apiculteurs.

Deux heures avant la nuit, les abeilles seraient moins en danger

Pour les abeilles, l'idéal serait d'obliger les agriculteurs à attendre le coucher du soleil pour épandre leurs produits phytosanitaires. C'est l'Anses, agence nationale de sécurité sanitaire qui le précise dans un rapport, car le soir, les abeilles sont moins exposées aux dangers de ces pesticides, mais le gouvernement ne veut pas demander aux agriculteurs de travailler la nuit.

Ce nouvel arrêté propose donc un compromis : les traitements seront possibles le jour, mais seulement deux heures avant le coucher du soleil et trois heures après. Le gouvernement s'appuie sur une étude qui montre que la moitié des abeilles ne sont déjà plus en activité deux heures avant la nuit. 

Cette étude montre que 50 % des abeilles ne sont plus en activité sur les plantes deux heures avant le coucher du soleil
Cette étude montre que 50 % des abeilles ne sont plus en activité sur les plantes deux heures avant le coucher du soleil

Les apiculteurs dénoncent un texte aux multiples dérogations

C'est largement insuffisant pour les apiculteurs. Henri Clément est producteur de miel en Lozère et membre de l'union nationale des apiculteurs de France. "Il est prévu de très nombreuses dérogations qui font que cet arrêté est vidé de son sens. Il sera par exemple possible de traiter le matin aussi. C'est un coup d'épée dans l'eau et ça ne protège pas les abeilles. Quand j'ai commencé la mortalité était de l'ordre de 5 à 8% les mauvaises années. Aujourd'hui la moyenne nationale c'est 30%."

Le gouvernement défend tout de même un "tournant majeur" car cet arrêté concerne tous les produits phytosanitaires : pesticides, fongicides, insecticides. Mais pour les apiculteurs cela ne permettra pas d'inverser la courbe du déclin des abeilles, ce qui serait pourtant nécessaire pour la biodiversité et l'agriculture. 

70% des cultures dépendent en effet de la pollinisation.

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