Le 7 avril dernier, les représentants des clubs professionnels français et l’UNFP, le syndicat des joueurs, tombaient d’accord sur une baisse temporaire des salaires des joueurs de Ligue 1 et de Ligue 2. Un mois après, cette recommandation n'a pas été appliquée partout. Mais cela reste positif selon l'UNFP.

La recommandation de paiement différé des salaires fonctionne plutôt bien pour le football français selon l'UNFP
La recommandation de paiement différé des salaires fonctionne plutôt bien pour le football français selon l'UNFP © Maxppp / Maxppp

La recommandation d’aménagement sur le paiement différé des salaires est "positive ! Même des présidents qui ne sont pas des grands supporters de l'UNFP l'utilisent aujourd'hui comme base minimale de négociations". Sylvain Kastendeuch, co-président de l'UNFP (Union Nationale des Footballeurs Professionnels) est satisfait. Selon lui, de nombreux clubs se servent de "l'accord" conclu le 7 avril dernier entre les représentants des clubs et son syndicat.

"En Ligue 2 d'après nos connaissances, la dimension de chômage partiel convenait aux situations en général donc il n'y avait pas besoin de faire de report de trésorerie, car les droits télé ont pratiquement été payés intégralement" précise Sylvain Kastendeuch. "Pour la Ligue 1, toujours d'après nos connaissances, on peut dire qu'une bonne moitié des clubs, et notamment sur la première partie de tableau, ont soit utilisé l'accord, soit s'en servent comme base sérieuse de négociations. Après, il y a des situations un peu particulières, car les enjeux sont très importants, et les demandes des clubs peuvent aussi être très importantes."

Des négociations sensibles avec les gros salaires

Les parties tardent en fait, à s’entendre dans les clubs ou les salaires de certains joueurs sont très élevés, comme le Paris SG, l'Olympique Lyonnais ou l'Olympique de Marseille. Dans les clubs également où certaines primes n’ont pas pu être touchées. "Pour les plus bas salaires, il n'y a pas du tout de problème. Par contre, il y a de vraies négociations là où les salaires sont importants, mais ça on le savait ! Notre accord ne pouvait pas satisfaire tous les présidents. Et que des joueurs défendent leur salaire me paraît logique. Il y a aussi des accords dans des contrats qui nécessitent des discussions particulières. Il y a une forme de chasse aux primes, de résultats, de performances, car certains matches n'ont pas été joués mais les classements ont été figés. Donc il y a des discussions autour de ces primes-là qui, dans certains cas, correspondent à un pourcentage important du salaire."

"Certains dirigeants mettent-ils dans la corbeille des négociations qui n'ont rien à y faire?"

Les négociations sont également sensibles là où les présidents veulent profiter de la situation pour baisser de manière irréversible les rémunérations excessives des joueurs. Et pas seulement les décaler dans le temps. "Il y a des présidents qui veulent des abandons mais c'est à eux de négocier ça avec les joueurs", relève Sylvain Kastendeuch.

"Ça accroche un peu avec ça", poursuit Philippe Piat, l’autre co-président de l’UNFP. "Comment séparer le bon grain de l'ivraie ? Est ce que c'est la pandémie de coronavirus qui impacte de manière très substantielle ou est-ce que certains dirigeants mettent dans la corbeille des négociations qui n'ont rien à y faire ? Je ne donnerai pas de noms mais ce sont généralement les clubs qui sont dirigés par des investisseurs qui se montrent les plus réticents à accepter les recommandations qui ont été validées par la délégation des clubs et l'UNFP. En tous cas, certains joueurs n'ont pas envie de se faire manipuler."

"Il n'y a pas que de mauvaises nouvelles"

Avec l'arrêt définitif des championnats, acté le 30 avril par la Ligue de football professionnel, l'UNFP n’exclut pas de devoir discuter de nouveau avec les clubs durant ce mois de mai, même si le prêt contracté dernièrement par la Ligue va forcément soulager leurs finances.

"Ce prêt sera mis à disposition des clubs et ça peut correspondre, s'ils veulent utiliser ces lignes de crédit, aux droits télé qui n'auront pas été touchés. Donc c'est une belle compensation. En plus, Canal a quand même payé le prorata de matches qui a été joué. Il y a aussi les pouvoirs publics qui ont bien aidé puisque la dimension de chômage partiel va pouvoir se poursuivre si les clubs en ont besoin. Donc, il n'y a pas que de mauvaises nouvelles pour le football français." conclut Sylvain Kastendeuch.

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