Dans les rues de Beyrouth, aux messages d'affection et de soutien transmis par Emmanuel Macron, les Libanais répondent avec emphase. Et rappellent un attachement historique entres les deux pays, qui partagent une certaine idée de la civilisation. Reportage.

Dans les rues de Beyrouth, Emmanuel Macron a pu prendre le pouls d'une solide relation franco-libanaise.
Dans les rues de Beyrouth, Emmanuel Macron a pu prendre le pouls d'une solide relation franco-libanaise. © Radio France / Nathanaël Charbonnier

Pour certaines versions qui pourront être affinées par les historiens, la relation particulière entre la France et le Liban serait née en 1214 avec un simple "coup de fil", témoigne, amusé, ce Libanais rencontré dans les rues de Beyrouth :

"Saint-Louis a appelé le patriarche libanais et lui a dit : 'Nous, on se considère comme la même chose. On vous protège'."

Des façades datant du mandat français rappellent le lien historique entre Paris et Beyrouth.
Des façades datant du mandat français rappellent le lien historique entre Paris et Beyrouth. © Radio France / Nathanael Charbonnier

Mais la France n'est pas qu'histoire passée au Liban. Nous sommes dans un quartier pauvre de Beyrouth à tendance musulmane et, là encore, le drapeau tricolore s'invite, alors qu'on ne s'y attend pas forcément. 

"Mes trois enfants sont scolarisés dans un lycée français", explique cet homme. "La France, c'est un pays civilisé que j'aime. C'est un pays qui symbolise la résistance". 

Stratégie et affect

La France, terre chrétienne également, explique le professeur d'histoire Nassib Khoury, qui rappelle aussi l'enjeu géopolitique du Liban

À partir des XVIIe et XVIIIe siècles, les Européens, et plus particulièrement les Français, le royaume de France, vont commencer à avoir un pied à terre au Liban. Et ce pied à terre va se transformer en une relation plus particulière, plus généralisée, qui ne se limite plus seulement à une communauté considérée comme catholique.

Mais ce qui est le plus beau dans cette relation, c'est peut être la partie que jamais l'on ne pourra expliquer. 

"B'hebak Loubnan", "Liban, je t'aime", a lancé le président français avant de quitter Beyrouth, jeudi dernier.
"B'hebak Loubnan", "Liban, je t'aime", a lancé le président français avant de quitter Beyrouth, jeudi dernier. © Radio France / Nathanaël Charbonnier

"C'est comme une transfusion de sang d'un corps à l'autre, un aller-retour. C'est dans l'ADN, dans les gènes, dans la façon de vivre. Le Liban est une idée autant que la France est une idée."

Une idée que le président français Emmanuel Macron a traduit à sa façon, jeudi dernier, lors de sa première venue officielle au Liban, en déclarant tout simplement : "B'hebak Loubnan", "Liban, je t'aime".

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