INFORMATION FRANCE INTER | Il y un mois, Jean Castex annonçait la création d’un "haut-commissariat au Plan". Ce nouveau poste se voulait le symbole de la "souveraineté" de l’économie française, après les failles révélées par la crise du Covid-19. Mais depuis, plus aucune nouvelle... Voici les projets de l’exécutif.

 Le haut-commissaire au plan sera nommé courant septembre et il s’agira bien de François Bayrou
Le haut-commissaire au plan sera nommé courant septembre et il s’agira bien de François Bayrou © AFP / Régis Duvignau / Pool

Il est toujours dans les plans du gouvernement. Annoncé avec éclat par Jean Castex lors de son discours de politique générale il y a un mois, la création d’un poste de "haut-commissaire au Plan" était depuis en suspens. Une discrétion en décalage avec les ambitions affichées : le nouveau haut-commissariat devait "imaginer la France dans 10, 20, 30 ans"- rien de moins - et proposer des changements structurels appuyés sur cette prospective.

Selon les informations de France Inter, le haut-commissaire au Plan sera nommé courant septembre – après, donc, le premier conseil des ministres de rentrée, le 25 août. Et d’après plusieurs sources, il s’agira bien de François Bayrou, maire de Pau, ancien ministre et allié d’Emmanuel Macron depuis la présidentielle de 2017. Contacté, ce dernier n’a pas souhaité s’exprimer publiquement.

Rattaché directement au président

François Bayrou de retour dans l’exécutif : l’information n’a pas encore été confirmée au sein du gouvernement. "Dans les réunions internes, nous n’avons pas eu plus d’infos", relève un ministre.

Les ministres ne risquent pas de croiser beaucoup François Bayrou : d'après nos informations, ce dernier souhaite que son poste soit directement rattaché au chef de l’État. Un organigramme qui serait inédit : jusqu’à présent, les haut-commissaires dépendaient d’un ministre (Jean-Paul Delevoye, chargé des retraites, était rattaché au ministère des Solidarités) ou du Premier ministre (Martin Hirsch, chargé de la lutte contre la pauvreté auprès de François Fillon). François Bayrou, lui, veut rendre compte directement au président de la République, pour se "libérer des contraintes gouvernementales et de l’immédiateté. La prospective relève de la fonction présidentielle", selon son entourage.

Dans cette perspective, le futur haut-commissaire n’assisterait pas au Conseil des ministres. Et ses bureaux ne seraient pas hébergés par un ministère. Autant de gages d’ "indépendance" demandés par le président du Modem à Emmanuel Macron.

Interrogés par nos soins, les membres du gouvernement réagissent diversement à l’arrivée de François Bayrou. À Bercy, ministère en charge de piloter la relance, on affirme "ne pas craindre" d’interférences avec le nouveau venu : "La relance et la prospective, ce sont deux tâches complémentaires. On a besoin de réflexion sur le temps long. Et François Bayrou, qui a de bonnes relations avec Bruno Le Maire, aura l’intelligence de s’intégrer à la réflexion collective", appuie l’entourage du ministre de l’Économie et des Finances.

Ce poste, "c’est d'abord pour faire plaisir à François Bayrou !", tranche un autre membre du gouvernement. En début de quinquennat, François Bayrou avait été ministre de la Justice, avant de démissionner pour se défendre dans l’enquête sur d’éventuels emplois fictifs au Modem. Une affaire qui ne fait visiblement plus obstacle à l’octroi de responsabilités nationales pour le président du Modem.

Mais alors pourquoi ne pas lui avoir confié un ministère dès le remaniement, au mois de juillet ? 

"François Bayrou ne souhaitait pas que son poste soit mélangé avec les autres", confie un proche de l’élu. "Car sa mission sera spécifique". Et de lister les domaines sur lesquels se penchera le haut-commissaire : "les déplacements de population, l’insertion, la sécurité alimentaire, les risques épidémiques... "

Une règle et un avantage

Haut-commissaire plutôt que ministre : ce choix présente un autre avantage. Il n’oblige pas François Bayrou à démissionner de la mairie de Pau. En effet, la consigne de non-cumul édictée par le chef du gouvernement s’applique aux ministres-maires (Gérald Darmanin, nommé à l’Intérieur, a ainsi dû ainsi quitter le fauteuil de maire de Tourcoing).

En revanche, cette règle ne dit pas un mot sur les hauts commissaires. François Bayrou pourra donc rester à la tête de Pau, tout en imaginant la France de 2050.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.