Le groupe Costa Croisières présente ce mardi son deuxième paquebot qui fonctionne au GNL, gaz liquéfié moins polluant que le fioul. Et si beaucoup reste à faire pour changer l’image d’un secteur loin d’être écolo, la croisière verte semble avoir de plus en plus le vent en poupe.

L'Aida Nova, qui navigue au gaz naturel liquéfié, embarque déjà des touristes depuis l'année dernière.
L'Aida Nova, qui navigue au gaz naturel liquéfié, embarque déjà des touristes depuis l'année dernière. © AFP / Clara Margais

Et si le paquebot de demain était écolo ? Le groupe italien Costa Croisières dévoile ce mardi le Costa Smeralda, deuxième bateau au monde propulsé au GNL, le gaz naturel liquéfié. Une bonne nouvelle pour l’air que l’on respire, car il ne produira quasiment aucune émission de particules fines mais seulement 20% de CO2 en moins par rapport au fioul lourd d’un paquebot traditionnel. Le Costa Smeralda, 2 600 cabines, rejoindra son aîné l’Aida Nova, qui carbure lui aussi au GNL et qui sillonne les mers depuis novembre dernier.

Une image de pollueurs qui colle à la coque

Des croisières plus écologiques pour verdir un peu l’image d’un secteur souvent pointé du doigt pour son impact néfaste sur la nature. À raison : l’ONG Transport & Environnement a par exemple montré ce mois-ci dans une étude qu’à eux seuls, les 94 bateaux du croisiériste de luxe Carnival dégageaient 10 fois plus d’oxyde de soufre que la totalité du parc automobile européen. Et ce sont au total plus de 200 navires de croisière qui circulent en Europe...

L'Aida Nova, grand frère du Costa Smeralda, n'émet quasiment pas de particules fines.
L'Aida Nova, grand frère du Costa Smeralda, n'émet quasiment pas de particules fines. © AFP / Mohssen Assanimoghaddam

Une pollution d’ailleurs reconnue pour la première fois par la justice française fin 2019 : à Marseille, un capitaine de navire de croisière a été condamné à 100 000 euros d’amende pour pollution de l’air. Et son employeur, le groupe Carnival toujours, a dû verser 80 000 euros de sa poche. 

Ce sont des paris sur l'avenir que font les armateurs" Georges Azouze, PDG France de Costa Croisières

Bientôt des flottes 100% respectueuses de l’environnement ? "Les coûts de construction sont beaucoup plus élevés", confiait à l’AFP Georges Azouze, le PDG France de Costa Croisières. _"Le Nova comme le Smeralda vont coûter un milliard d’euros_", soit 25 à 50% de plus que le coût moyen d'un navire de croisière standard, qui oscille entre 580 et 750 millions d'euros. "Mais ce sont des paris sur l’avenir que font les armateurs", explique le PDG. 

Huit paquebots de croisière au GNL seront lancés entre l'automne 2018 et 2021 sur le marché mondial rapporte Les Echos, sur 66 navires en construction.

Le chantier de Saint-Nazaire met les voiles

Un paquebot doté non de puissants moteurs… mais d’immenses voiles : voilà le concept dévoilé l’an dernier par STX France lors d’un salon aux États-Unis. Le résultat d’un travail de recherche de longue haleine mené par le chantier de Saint-Nazaire en Loire-Atlantique. Le concept, baptisé Solidsail, a été breveté : il permet de déployer jusqu’à 1 200 m2 de voiles en toute sécurité.

Le concept de paquebots à voiles développé par le chantier de Saint-Nazaire.
Le concept de paquebots à voiles développé par le chantier de Saint-Nazaire. © Radio France / Louis-Valentin Lopez

"Silenseas réduit l’énergie de propulsion de 60% sur des parcours Caraïbes, en permettant des performances exceptionnelles sous voiles", souligne STX France. Un navire plus modeste que les consommateurs de fioul géants : 190 mètres de long, 150 cabines pour les passagers (bien moins que les 2 600 cabines du Costa Smeralda et de l'Aida Nova). Avec ce modèle écolo et silencieux, la société espère séduire "un nouveau type de croisiéristes aventureux, et soucieux de l’environnement."

Le rêve d’un navire de croisière autosuffisant

L’ONG japonaise Peace Boat, elle, va encore plus loin : elle a imaginé le paquebot de croisière "le plus vert du monde", l’Ecoship, qu’elle présente comme "un étendard pour l’action climatique et la protection des océans". L’Ecoship promet de réduire ses émissions de CO2 de 40% par rapport à un navire standard. Il diminuerait aussi la charge électrique nécessaire de moitié, notamment grâce à sa dizaine d’éoliennes et à sa multitude de voiles solaires rétractables. Puis, à l’intérieur, un immense jardin de cinq étages serait alimenté par l’eau de pluie. 

Des voiles solaires alimenteraient le bateau en électricité.
Des voiles solaires alimenteraient le bateau en électricité. / Peace Boat
Ecoship se doterait d'un immense jardin auto-alimenté à l'eau de pluie.
Ecoship se doterait d'un immense jardin auto-alimenté à l'eau de pluie. / Peace Boat

Le bateau de croisière accueillerait aussi à son bord un laboratoire d’étude pour "contribuer à la recherche sur le climat et l’océan". "Notre rêve est prêt pour la réalité", affirme Peace Boat, qui entend livrer son paquebot de croisière écolo d’ici 2020.

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