La semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées a pour but de sensibiliser les employeurs lors de leur choix de recrutement. Mais le chemin est encore long, comme le montre l'exemple d'Océane, 23 ans, handicapée moteur et sensoriel depuis quatre ans.

Océane est handicapée moteur depuis un accident de la route en 2016
Océane est handicapée moteur depuis un accident de la route en 2016 © DR

Avant d’être en fauteuil roulant, suite à un accident de la circulation il y a quatre ans, Océane était auxiliaire de vie. Ne pouvant plus exercer ce métier, et après une errance entre la mission locale où on lui a dit qu'elle était trop diplômée, puis Pôle Emploi, elle a été orientée vers Cap Emploi, un organisme censé l’aider à trouver un travail adapté à son handicap : "J'ai eu par exemple une proposition pour faire des vendanges alors que je suis en fauteuil électrique et mal voyante, mal entendante". Certains conseillers ont même tenté de la décourager, "en me disant que cela serait mieux que je reste chez moi, étant donné que mon handicap était plutôt lourd."

Manque de formation au handicap des conseillers à l'emploi

Pour la jeune femme, le suivi n’est pas assez personnalisé : "J'ai vraiment l'impression que nous sommes des numéros de dossier. L'individualisation est absolument nécessaire dans le handicap. Même deux personnes qui ont la même pathologie n'ont pas les mêmes difficultés". Or les conseillers n'ont, selon Océane, pas la formation nécessaire à ce suivi. 

Océane a fini par trouver une formation elle-même, un BTS en comptabilité gestion qu’elle a terminé en juin dernier. Mais la crise sanitaire est devenue un nouvel obstacle. La jeune femme, en plus de son handicap moteur, est atteinte par la maladie de Lyme, ce qui la rend plus vulnérable au virus : "Si j'attrape le coronavirus, j'aurais une forme plutôt sévère. Les employeurs sont déjà réticents quand c'est du handicap lourd, alors là avec l'épidémie, ils le sont encore plus je pense". 

De guerre lasse et parce qu’elle estime que cela lui correspond mieux, Océane a décidé de développer son propre projet d’éco-habitat avec l'aide de la mission locale. 

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