Vendredi sera une nouvelle journée de manifestations en Égypte, où un mouvement de contestation s'installe, pour dénoncer la situation économique et sociale. Parole d'habitants du Caire, tous touchés par cette crise, qu'ils soient dans la grande pauvreté ou issus de la classe moyenne aisée.

Photographiée en 2016, une rue du Caire, capitale égyptienne, touchée par la crise comme l'ensemble du pays.
Photographiée en 2016, une rue du Caire, capitale égyptienne, touchée par la crise comme l'ensemble du pays. © AFP / Fayed El-Geziry

Les partisans du président Al-Sissi sont appelés à de nouveaux rassemblements, vendredi, pour faire face au mouvement de protestation qui s’installe dans le pays. Il y a deux semaines, plusieurs milliers d'Égyptiens étaient descendus dans les rues pour dénoncer la situation économique et sociale très difficile. Des Égyptiens choqués par des vidéos mises en ligne par un entrepreneur égyptien et qui montraient les grands projets immobiliers, très coûteux, initiés par le président Al Sissi.

Il faut dire qu'en Égypte, la situation économique est désastreuse : en 2016, le FMI a débloqué un prêt de trois ans en faveur de l'Égypte mais en échange de réformes draconiennes qui ont eu un effet terrible sur le quotidien des Égyptiens.   

Même la classe moyenne aisée est déstabilisée

Création d'une TVA, dévaluation de la monnaie, hausse des prix, le niveau de vie des Égyptiens s'effondre. Raef travaille dans le bâtiment, 10 heures par jour avec juste deux week-end par mois. Sa femme ne travaille pas, ils élèvent deux filles et hébergent la mère de Raef. La moitié du salaire passe dans le logement explique Raef : "Tout augmente ! Le logement, l'essence, les transports... Ça devient très compliqué. À mon âge, je devrais pouvoir m'acheter un appartement mais je ne sais pas comment quand tout devient si cher".

Pendant longtemps, George a fait partie de la classe moyenne aisée : ce dirigeant d'entreprise gagne cinq fois plus que Raef, l'ouvrier. Mais lui aussi est dépassé. "Un simple exemple : j'ai une voiture que j'utilisais pour aller au travail et mes filles allaient à l'école en bus... Mais le prix du transport scolaire a triplé ! Donc je ne peux plus payer et j'ai laissé la voiture à ma femme pour qu'elle conduise les filles", témoigne-t-il à France Inter. 

Une révolution, un mouvement social agressif nous ferait reculer.

Mais le gouvernement et les milieux d'affaires s'accrochent aux chiffres de la croissance, en hausse à plus de 5 %. 

Salah est cadre dans une banque : "Il y a des problèmes bien sûr mais il y a eu des progrès. Une révolution, un mouvement social agressif nous ferait reculer" juge-t-il. "Nous avons juste besoin de patience, de solidarité et de soutenir les grands projets du gouvernement" conclut Salah. 

Au total, un tiers des Égyptiens vit dans la grande pauvreté. Depuis la révolution de 2011, l'Égypte compte 14 millions d'habitants de plus.

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