Cette semaine, Emmanuel Macron et plusieurs autres chefs d'Etat célèbrent le centenaire de la fin de la première Guerre mondiale. Une guerre à laquelle ont participé, plus ou moins directement, de nombreuses personnalités.

Parmi les célébrités qui ont été au front, Pierre Dac, qui a vu son bras raccourci suite à une blessure
Parmi les célébrités qui ont été au front, Pierre Dac, qui a vu son bras raccourci suite à une blessure © AFP

En plus de quatre ans de conflit, la Première Guerre mondiale, dont Emmanuel Macron célèbre cette semaine le centenaire de l'armistice, a fait 20 millions de morts (dont 10 millions de civils) et plus encore de blessés. Dans toutes ses couches, la société a été touchée par la guerre. Parmi les personnalités reconnues à l'époque, ou dont la notoriété a grandi par la suite, que faisaient-elles pendant la guerre ? La plupart ont été mobilisées mais toutes n'ont pas été au front pendant les quatre années du conflit. 

Marcel Pagnol

Né en février 1895, Marcel Pagnol avait 19 ans au début de la Grande Guerre. Lorsque la guerre éclate, il vient de publier son premier roman, intitulé Le Mariage de Peluque - qui sera réédité dans les années 30 sous le titre Pirouettes, dans une revue qu'il a fondée avec des amis d'université. Il est mobilisé au sein du 163e régiment d'infanterie de Nice. Mais il n'y reste pas longtemps : début 1915, il est réformé pour "faiblesse de constitution". Il en profite pour terminer sa licence de lettres et devient enseignant dès l'année suivante. 

Marie Curie

Marie Curie, ici en 1925 dans son laboratoire
Marie Curie, ici en 1925 dans son laboratoire © AFP

Au début des années 1910, Marie Curie travaille sur un projet d'Institut du radium (futur Institut Curie). Le bâtiment est achevé juste avant le début de la guerre... et ferme dès que le conflit commence. Elle participe, avec la Croix-Rouge, à la formation d'unités de chirurgie mobiles (que l'on a surnommées plus tard les "petites Curies"). Elle a également aidé à créer de nombreuses unités de radiographie au sein des hôpitaux militaires. Et dès 1916, quand elle obtient son permis de conduire, elle se rend elle-même régulièrement sur le front pour radiographier des soldats blessés. 

Guillaume Apollinaire

Le poète Guillaume Apollinaire vient de connaître le succès, en 1913, avec son recueil Alcools, lorsque la guerre éclate. Il n'est pas mobilisé au début de la guerre, car il n'est pas de nationalité française - il est Italien. En août, il tente de s'engager volontairement mais sa demande est rejetée. C'est en décembre de la même année qu'il parvient à s'engager volontairement, ce qui lance également sa procédure de naturalisation. Il est blessé à la tempe par un éclat d'obus en 1916, survit, mais se remet difficilement. A 38 ans, très affaibli par les quatre ans de guerre, il meurt de la grippe espagnole le 9 novembre 1918, deux jours avant l'armistice. 

Raimu

Raimu, ici dans "La Fille du puisatier" aux côtés de Josette Day
Raimu, ici dans "La Fille du puisatier" aux côtés de Josette Day © Maxppp / JT Vintage / Zuma Press

Quand la guerre éclate en 1914, Raimu, de son vrai nom Jules Muraire, a déjà bien embrassé sa carrière d'acteur, au cinéma (muet) mais surtout sur les planches. Avant d'être l'acteur fétiche de Pagnol sur le grand écran, il privilégiait en effet le théâtre de boulevard. Il est mobilisé à Orange en août 1914 mais se retrouve enseveli sous une sape (l'explosion d'une galerie souterraine par l'armée ennemie) lors de l'un de ses premiers combats au front. Il arrive à survivre et à s'en échapper grâce à l'étau qui soutenait la tranchée. Affaibli, il tombe malade et est réformé en mars 1915. Il remonte sur les planches quelques mois plus tard. 

D'après l'un de ses biographes, Raymond Castans, Raimu a gardé un morceau de l'étai de bois qui l'a sauvé toute sa vie comme un talisman... sauf le jour de sa mort. 

Georges Braque

Georges Braque dans son atelier, ici dans les années 60
Georges Braque dans son atelier, ici dans les années 60 © AFP

Le célèbre peintre cubiste a déjà bien innové au début du siècle : une partie de ses toiles les plus connues sont peintes avant-guerre. Lorsque le conflit éclate, Braque est nommé lieutenant et part dans la Somme, à Maricourt. Il frôle la mort en 1915 : le 11 mai, il est laissé pour mort sur le champ de bataille. Le lendemain, les brancardiers trébuchent sur son corps et réalisent qu'il est en vie. Il reste deux jours dans le coma et reprend connaissance, mais il s'en remet pas avant 1917. Il a reçu la Croix de guerre. 

Paul Eluard

Au début de la guerre, Paul Eluard n'est pas encore majeur - et d'ailleurs, il n'a pas encore choisi ce pseudonyme et porte encore son nom de naissance, Eugène Grindel. Sa santé est fragile : touché par une tuberculose à l'âge de 16 ans, il est hospitalisé en Suisse jusqu'en février 1914. Il est tout de même mobilisé au début du conflit, en tant qu'infirmier. Mais rapidement atteint par une bronchite aiguë, il est éloigné des combats au bout de quelques semaines. 

Pierre Dac

Pierre Dac ne se destine pas à la comédie avant la guerre : il prend des cours de violon. Il est mobilisé en 1914 et fait toute la guerre sur le front. Il en revient avec deux blessures graves, l'une à la cuisse à cause d'un éclat d'obus en 1916, l'autre, un an plus tôt, au bras. Cette dernière blessure le suivra toute sa vie car les chirurgiens sont obligés de lui raccourcir de douze centimètres le bras gauche. C'est au sortir de la guerre que Pierre Dac, parmi d'autres petits métiers, devient chansonnier. 

Blaise Cendars

Né en Suisse, l'écrivain Blaise Cendars n'est pas mobilisé au début de la guerre. Mais il s'y engage volontairement et publie même un appel aux artistes étrangers vivant en France à s'engager. Dans la Légion étrangère, il est rapidement nommé caporal. Mais en septembre 1915, sur l'offensive de Champagne, il est grièvement blessé au bras droit et amputé. Entre-temps décoré par la médaille militaire et naturalisé français, il lui faut un an pour réapprendre à écrire. Dès 1918, il écrit un texte à ce sujet, qui sera l'une des premières version de son livre le plus connu, La main coupée.

Pablo Picasso

Contrairement à Blaise Cendars, l'Espagnol Pablo Picasso, qui vit aussi en France, ne s'engage pas dans l'armée. Avec d'autres artistes, dont Jean Cocteau, il se réfugie à Rome à partir de 1916. Il continue à créer pendant la guerre. 

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