Ces poèmes chantés, ces mélodies presque oubliées reviennent parfois frapper le heurtoir de cuivre de notre mémoire… (re)découvrons deux de ces œuvres de notre patrimoine culturel…

Partition musicale
Partition musicale © Getty / Jonathan Bieloski

Le temps nous a laissé ces textes et ces mélodies, souvent d’une grande qualité poétique, parfois gardés en mémoire depuis les veillées d’enfance où l’on chantait beaucoup, et toujours ravivés lors d’évocations nostalgiques.

Peut-être vous surprenez-vous parfois à fredonner la mélodie d’une de ces chansons françaises très anciennes, mais les paroles se perdent dans les méandres du temps. Ravivons au moins deux de ces poésies chantées qui font aussi partie de notre patrimoine culturel !

Quand au Temple, un poème de Pierre de Ronsard

Le Prince des Poètes, Pierre de Ronsard avait écrit ce petit bijou pour Cassandre Salviati, une jeune damoiselle issue d'une noble famille florentine, dont il était tombé éperdument amoureux. Issu du livre _Les Meslanges_, ce long poème, très charnel, encourage la jeune femme à se donner au poète et à vivre pleinement le désir et l’étreinte. Une ode lyrique à la vie, à l’amour et à l’instant présent !

Dans son album Les Très Vieilles Chansons De France, paru en 1966 sous le label Temporel,Guy Béart chante Quand au Temple, l’admirable poème de Pierre de Ronsard, sur une très belle musique de Léo Ferré.

Extrait du poème de Pierre de Ronsard

Mais quand au lit nous serons, entrelacés, nous ferons, les lascifs selon les guises, des amants qui librement, pratiquent folâtrement, dans les draps cent mignardises.

La Complainte de Mandrin, poème anonyme

Transmise par des chanteurs des rues qui en vendaient aussi le livret, la complainte raconte la vie souvent tragique d’un héros populaire, en l’occurrence, Louis Mandrin, brigand et contrebandier, qui mourut supplicié à Valence en 1755.

À la mort de Mandrin, cette chanson, écrite par un anonyme, fut répétée de maison en maison par les colporteurs et c’est ce qui fit aussi sa popularité, comme l’un de ces chants inscrits dans notre mémoire commune et qui font dorénavant partie du patrimoine culturel.

Nombreux sont les artistes qui ont repris cette chanson émouvante, Guy Béart, Francois Hadji Lazaro, Bernard Lavilliers et Faudel, et même la belle Kiki de Montparnasse, Les Ménestriers, ou encore Monique Morelli, qui a aussi chanté Ronsard.

Toujours dans les années 1960, Yves Montand, dans un album reprenant une cinquantaine de succès de la décennie précédente, chantait cette complainte avec sa belle voix de baryton. C’est cette version que vous pourrez entendre dans l’émission Autant en emporte l’Histoire, qui évoquera Louis Mandrin.

Oui ! car même si Mandrin le malandrin, est mort, trahi par le Roi et la loi de l’argent, torturé en place publique, son portrait gravé et son aventure continuent à être colportés par toute la France, et même au-delà ! Il reste à jamais un symbole de rébellion et de désir de liberté. Sa légende est encore vivante en Savoie et dans le Dauphiné, et en plus, il a un site qui lui est entièrement dédié et cette émission qui lui est consacrée sur France Inter !

Louis Mandrin, Capitaine Belle Humeur, la fiction

Pour Mandrin, la légende et l'histoire sont mêlées à jamais et vous seront racontées dans l’émission Autant en emporte l’Histoire, dimanche 15 janvier 2017 à 21h, sur France Inter. La fiction Louis Mandrin, Capitaine Belle Humeur, écrite par Christine Spianti, est réalisée par Laurence Courtois.

Au cours de l’émission, Stéphanie Duncan recevra l'historien Benoît Garnot, auteur du livre Être brigand - du Moyen Âge à nos jours - paru aux éditions Armand Colin. Ensemble, ils débattront des zones d'ombre laissées par la légende et replaceront les faits sous l'éclairage de l'historiographie récente.

Pour vous mettre l'eau à la bouche, voici un court extrait de la fiction Louis Mandrin, Capitaine Belle Humeur, avec la belle voix d'Antoine Berry-Roger.

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