Après trois jours de négociations sur l’avenir de Chypre, une conférence internationale s’ouvre jeudi sous l’égide de l’ONU. Retour sur quarante années de division.

Depuis 1974, l'île méditerranéenne est divisée en deux : la partie turque au nord, la partie grecque au sud
Depuis 1974, l'île méditerranéenne est divisée en deux : la partie turque au nord, la partie grecque au sud © AFP / Vincent LEFAI, Jonathan JACOBSEN, Paz PIZARRO, Aude GENET / AFP

C’est l’épilogue espéré de négociations entamées lundi à Genève : une conférence internationale autour du futur État fédéral chypriote s’ouvre jeudi. En présence des délégations grecque et turque et présidée par le nouveau Secrétaire général de l'ONU, le Portugais Guterres. Une réunion historique pour soutenir le processus de paix, après quarante ans de division de l’île méditerranéenne.

1974 : un coup d’État et deux "États"

Des nationalistes chypriotes grecs, soutenus par les colonels Grecs, organisent un coup d’État pour rattacher l'île à Athènes. Le président de la République Makarios III est renversé. En réaction, la Turquie envoie des troupes dans le nord de l’île, prétextant protéger la minorité chypriote turque, qui représente alors moins de 1 habitant sur 5.

Le coup d’État échoue, mais l’armée turque poursuit son avance. Les trois garants de l’indépendance (Turquie, Grèce, et Royaume-Uni) reconnaissent l’existence de deux administrations autonomes. Selon les autorités chypriotes grecques, le conflit aura fait 3 000 morts.

1983 : une République fantôme

La partition de l’île est entérinée avec la proclamation de la "République turque de Chypre du Nord" sur le territoire où sont déployées les troupes turques, soit plus d’un tiers de l’île. Ankara reconnaît cette entité, mais pas le reste de la communauté internationale (la République turque de Chypre du Nord ne dispose pas, par exemple, de siège à l’ONU).

2003 : une percée dans le mur

Dans la capitale, Nicosie, un premier point de passage est ouvert, puis plusieurs autres. Dans la foulée, les échanges de marchandises sont rétablis.

2004 : l’UE accueille une île divisée

Un référendum pour la réunification est organisé par l’ONU. Il est largement approuvé par les Chypriotes turcs (près de 65 %) mais rejeté par les Chypriotes grecs (à plus de 75 %). Pour la première fois, des manifestations massives rassemblant jusqu’à 50 000 personnes sont organisées dans la partie turque pour demander le rattachement au sud. C’est donc divisée que la République de Chypre adhère à l’Union européenne le 1er mai 2004, et seule la partie sud est concernée.

2008 à 2016 : vaines négociations

Les responsables des deux partis relancent les discussions mais le dossier n’avance pas, malgré des rencontres régulières. En 2012, la République de Chypre prend la présidence tournante de l’UE. En réaction, les Chypriotes turcs rompent le dialogue.

Depuis, de nombreuses rencontres ont eu lieu entre les dirigeants respectifs, se soldant chaque fois par un échec.

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