La puissance créatrice du cinéma du Portugal se nourrit de la spécificité de l’histoire du pays : sa participation à la Première Guerre mondiale, puis sa neutralité au cours de la Seconde ; la dictature salazariste, la plus longue d’Europe ; un regain colonialiste dans les années 1950, qui pousse de nombreux Portugais à s’installer en Angola et provoque la résistance armée de mouvements nationalistes africains rivaux; l’émigration en Europe de centaines de milliers de paysans, en dépit de son interdiction par le régime ; la révolution de 1974 qui conclut une décolonisation bâclée, au prix du rapatriement précipité des colons et de la poursuite de la guerre civile en Angola et au Mozambique ; l’adhésion à l’Union européenne, qui favorise une modernisation économique en trompe l’œil et une consommation débridée à crédit ; et, depuis 2008, le désenchantement d’une crise économique gravissime qui, à nouveau, incite les jeunes au départ. On associe volontiers le Portugal à un sentiment de nostalgie (saudade). Mais cette dernière est peut-être moins le regret de la grandeur perdue que la critique du temps présent, comme l’attestent, notamment, les films de Fernando Lopes, Antonio Reis, Paulo Rocha, Manoel de Oliveira, Pedro Costa, Miguel Gomes, ou encore Joaquim Pinto et Susana De Sousa Dias. Débat animé par Jean-François Bayart, avec la participation de Pedro Costa, Susana De Sousa Dias, Jacques Lemière, Eduardo Lourenço, Eva Margarida Cordeiro, Victor Pereira.

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