Des sculptures à taille réelle, gravées dans la pierre dans le désert du nord de l'Arabie Saoudite ont été récemment découverts par une équipe du CNRS. Les animaux représentés dateraient de l'ère chrétienne.

Dromadaire debout sculpté en haut relief sur la façade d’un éperon en grès au centre de l’image
Dromadaire debout sculpté en haut relief sur la façade d’un éperon en grès au centre de l’image © ©CNRS/MADAJ, R. Schwerdtner

Découvrir des dromadaires en Arabie n'a jusque là rien d'exceptionnel... Sauf s'il s'agit d'animaux gravés dans la pierre et représentés à taille réelle, comme les sculptures qui ont été découvertes par récemment dans le nord du pays.

L'art rupestre d'Arabie Saoudite, déjà remarqué avec les deux sites de la région de Hail, classés au Patrimoine de l'humanité par l'Unesco s'enrichit donc de nouvelles sculptures, qui dateraient de l'ère chrétienne. 

Relief rupestre représentant un dromadaire couché levant la tête vers un équidé, possiblement un âne ou une mule.
Relief rupestre représentant un dromadaire couché levant la tête vers un équidé, possiblement un âne ou une mule. / ©Antiquity - CNRS/MADAJ, G. Charloux

Sur un piton rocheux de grès, déjà rongé par le temps, une équipe d'archéologues a découvert une série de dromadaires. "C'est la première fois que l'on trouve ce type de thème représenté dans l'art rupestre du nord de l'Arabie", explique Guillaume Charloux, ingénieur de recherche au laboratoire Orient et Méditerranée : "Il y a onze dromadaires, deux équidés et ce qui ressemble à un personnage mais sans que l'on en soit certains. Le type de représentation, la technique... Vraiment tout est novateur pour la région."

Les créateurs des reliefs encore inconnus

Les scientifiques n'ont pas encore daté précisément ces gravures mais, par comparaison, le style est proche de celui de Pétra, capitale des Nabatéens. Ce peuple de l'époque antique (premiers siècles avant et après Jésus Christ) a beaucoup utilisé les dromadaires pour commercer d'une oasis à l'autre.

"Le site même est situé sur une piste caravanière relativement éloignée, d'une dizaine de kilomètres, d'autres oasis", ce qui expliquerait la présence de sculptures de dromadaire à cet endroit précis, selon le CNRS : "on peut juste supposer qu'il y a toujours eu un lien entre les populations de désert, les populations oasiennes, sans que l'on puisse savoir qui a véritablement sculpté ces reliefs."

Défilé de deux dromadaires sur l’éperon C du Camel Site, probablement restés inachevés.
Défilé de deux dromadaires sur l’éperon C du Camel Site, probablement restés inachevés. / ©CNRS/MADAJ, R. Schwerdtner

Alors que l'oasis voisine de Sakakah s'étend sous la pression démographique, et qu'une route à deux voies jouxte le site, les autorités saoudiennes ont décidé de le protéger. Cela va permettre aux chercheurs de poursuivre leur analyse.

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