François Hollande a rendu un hommage solennel à Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Jean Zay à l'occasion de leur entrée au Panthéon. On annonçait l'un des discours les plus importants du quinquennat. Un peu vite ?

Lors de son discours, prononcé devant les familles des quatre résistants et plusieurs centaines de personnes, le chef de l'État a tenu à rendre hommage à "quatre histoires qui donnent chair et visage à la République en en rappelant les valeurs". Selon lui, ces deux femmes et deux hommes "incarnent l'esprit de la Résistance, l'esprit de résistance. Face à l'Occupation, à la soumission, ils ont apporté la même réponse: ils ont dit non, tout de suite, fermement, calmement."

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Et François Hollande d'interroger :

Qu'y a-t-il donc de commun entre ces deux femmes rescapées de l'enfer des camps et ces deux hommes disparus atrocement dans les derniers mois de l'Occupation ? Entre ces deux catholiques qui mirent leur longue vie au service de la dignité humaine et ces deux francs-maçons qui eurent très jeunes d'importantes responsabilités politiques ? Ces deux femmes et ces deux hommes, si singuliers, si exceptionnels ont été gouvernés par les mêmes forces, animés par les mêmes passions, soulevés par le même idéal, liés les uns aux autres par le même dépassement, indissociablement unis par le même amour pour leur patrie.

"70 ans plus tard, ces haines reviennent"

Le président est notamment revenu sur l'assassinat par la milice de Jean Zay : "Il rassemblait sur lui les haines dont Vichy s'était emparée : haine du protestant, haine du juif, parce qu'il était par ses origines familiales les deux à la fois. Haine du franc-maçon et du libre penseur. Haine du Front populaire, haine de la Ligue des droits de l'Homme, haine de la démocratie."

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Le chef de l'État a alors mis en garde :

70 ans plus tard, ces haines reviennent. Avec d'autres figures, dans d'autres circonstances, mais avec toujours les mêmes mots. Elles frappent des journalistes, des juifs, des policiers, toujours des innocents. C'est pour conjurer cette résurgence funeste que les Français se sont levés le 11 janvier. Parce qu'ils n'ont jamais peur de défendre la liberté.

Un parallèle passé/présent qui a notamment convaincu Christiane Taubira, la ministre de la Justice

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"Il nous faut constamment interroger le passé"

Face à "l'indifférence", "l'ennemi contemporain", François Hollande a appelé au "devoir de vigilance" et de "résistance" face à "l'indifférence". Le discours du chef de l'État a été ponctué par "La Marseillaise." Puis, les portes du Panthéon se sont ouvertes devant les quatre cercueils, qui y ont pénétré au son du "Chant des partisans".

Tenter d'imprimer sa marque

Écoutez le décryptage de Cyril Graziani

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Quand François Hollande invoque l'aura d'André Malraux

Cette panthéonisation, c'est aussi une vraie séquence politique pour François Hollande. Comme André Malraux célébrant l'entrée de Jean Moulin au Panthéon, le président de la République voulait imprimer SA marque sur cet évènement historique. Le chef de l'État invoque l'esprit de résistance, fait le lien avec les évènements de janvier, l'antisémitisme, le racisme.

Un parallèle parfois hasardeux, comme lorsqu'il met en parallèle Jean Zay et sa réforme du collège, ou Pierre Brossolette et la simplification de l'État.

Pour l'opposition, François Holande serait même victime d'une overdose de commémorations. Une manière selon l'UMP d'occulter les problèmes présents.

C'est en tout cas ce que pense le député Patrick Ollier, qui aurait préféré un discours de politique nationale

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"L'avenir de la France ne se situe pas dans sa mémoire"

L'entourage de François Hollande avait annoncé l'un des discours les plus importants de son quinquennat, peut-être un peu trop vite. Le chef de l'État a juste honoré quatre héros français, et c'est bien là l'essentiel.

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