Dans les années 1950, une impressionnante tombe gauloise était découverte en Bourgogne avec à l'intérieur un grand vase en Bronze. La défunte retrouvée a été baptisée : la Dame de Vix.

Cratère de Vix conservé au Musée du Chatillonais - Trésor de Vix
Cratère de Vix conservé au Musée du Chatillonais - Trésor de Vix © Mathieu Rabeau/Rmn

A l’occasion d’une exposition sur des bijoux gaulois au musée du Châtillonais-Trésor de Vix à Chatillon sur Seine (Nord de la Côte d’Or), l’émission les Savanturiers a interviewé la conservatrice Félicie Fougère qui lui a donné des indications sur l’occupante du tombeau.

Une tombe de princesse 

Détail du cratère de Vix
Détail du cratère de Vix / Mathiu Rabeau/RMN

La tombe découverte en 1953 près de Châtillon était celle d’une princesse : la Dame de Vix enterrée cinq siècles avant JC avec un faste incroyable. Dans sa chambre funéraire, qui mesurait trois mètres de côté, on a trouvé un char d’apparat : un grand char à quatre roues tel que les fabriquaient les Gaulois à l’époque, sur lequel était déposée la Dame revêtue d’une parure exceptionnelle puisqu’elle porte un torque (collier) en or, un objet extrêmement précieux. 

Plus loin, dans un coin de cette tombe, se trouvait un vase décoré colossal d'1,64 m de hauteur contenant 1100 litres de vin mêlé à de l’eau, appelé le cratère, ou le vase, de Vix. Fabriqué dans un atelier grec installé dans le Sud de l’Italie, il était accompagné de deux coupes attiques et d’une cruche en bronze étrusque du Nord de l’Italie. Cette Dame de Vix partait donc pour l’au-delà sur son char d’apparat avec, avec elle l’ensemble des objets qui pouvaient lui permettre de mener la cérémonie du banquet telle que les Grecs la pratiquait. 

C’était l’une des premières tombes de ce type que l’on découvrait. On a depuis découvert la tombe de Lavaux près de Troyes

A quoi ressemblait la Dame de Vix ? 

C’est difficile de connaitre cette princesse puisqu’elle évoluait au sein d’un peuple sans écriture, qui n’a bien sûr pas laissé de témoignage. Les analyses ont cependant révélé qu’elle était morte jeune, elle avait entre 35 et 40 ans. Probablement pas native de la région, elle n’avait pas eu d’enfant. Physiquement, on la soupçonne de n’avoir pas été très gracieuse : elle avait des problèmes de torticolis, elle ne tenait pas sa tête droite, souffrait d’une importante asymétrie faciale, et rencontrait de sérieux problèmes de hanches ! 

Mais on en saura bientôt plus sur ce personnage enterré à Vix, puisque plusieurs recherches archéologiques internationales sont en cours depuis plus de 20 ans, et son ADN, son crâne et ses dents sont en cours d’analyse.

Une princesse qui régnait sur un petit territoire

Elle régnait sur des Gaulois qui étaient - au VIe siècle avant Jésus Christ - un peuple important. Les populations installées là profitent de la circulation de la vallée de la Seine et de la liaison qui s’opère avec le sillon rhodanien. D’où des échanges très lointains avec la Méditerranée, l’Ouest et Nord de l’Europe. Une hypothèse évoque un périmètre de règne d’environ 50 km de rayon autour de Vix.

Que nous apprend l’exposition sur les torques ? 

Torque en or
Torque en or / Mathieu Rabeau/RMN

L’exposition du musée du Chatillonais -Trésor de Vix permet d’en savoir plus sur les torques, cette sorte de collier "tordu", en arc de cercle. Des bijoux de prestige, portés par les hommes ou par les femmes, souvent en bronze, plus rarement en or, ornés de motifs décoratifs très beaux. Les Celtes aimaient pratiquer cet art qui mêle le végétal, les animaux fantastiques, et es visages… Les Gaulois aimaient les beaux bijoux : les Grecs racontaient que pour récupérer leurs torques, les guerriers gaulois n’hésitaient pas à couper la tête de leurs adversaires vaincus. 

Surtout ces objets nous renseignent sur l’extrême habilité des artisans gaulois. On a longtemps pensé que c’était des êtres un peu frustres, or avec ces torques, on constate qu’ils maîtrisaient une métallurgie et une orfèvrerie très délicates. Ces ornements ont permis de caler une chronologie de la civilisation gauloise plus longue que ce que l’on pensait à l’origine qui s’étend du 5e siècle avant Jésus-Christ jusqu’à la conquête romaine (52 av JC). 

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