L'homme politique parle, et la peur de savonner ou d'être à côté de la plaque ne l'arrête pas. De François Hollande à Valéry Giscard d'Estaing, petit tour d'horizon des paroles de ceux qui nous gouvernent.

Au début, donc était le Verbe. Enfin le Verbe… ça dépend pour qui. La politique, par exemple, c'est entre autre la maîtrise de l'exercice oral. La chose publique oblige à être relativement balèze en sujet - verbe - complément et sans bafouiller s'il vous plait.

Quand on fait de la politique, il n’est pas pourtant pas facile d’être un pro de la tchatche, d’avoir des phrases qui claquent comme dans les films. Surtout à l’ère d’internet où tout est passé à la moulinette sans jamais être oublié, ni pardonné.

Francois Hollande et Jamel
Francois Hollande et Jamel © FRANCOIS GUILLOT/POOL/epa/Corbis

Commençons par le premier des Français, François. Certes le candidat Hollande n'a pas failli pendant sa campagne. La parole était fluide, convaincue. Et puis une fois le costume enfilé, les choses se sont gâtées. Il faut dire qu'une fois président, vous devenez probablement un maniaque du contrôle absolu. C'est dû à la fonction et à l'armée de scribes et de communicants cachés dans sa manche gauche.

Ce matin dans Boomerang, Augustin Trapenard recevait Patrick Rambaud, le chroniqueur acide de la vie présidentielle depuis quelques années, connu aussi pour ses pastiches. Ce dernier semblait donc atterré par ce président "normal", roi du gag et selon lui à coté de la plaque. A l'antenne l'auditeur pouvait même découvrir un petit florilège des meilleurs fails de François.

Loin de moi l'idée d'imaginer François en humoriste, même si je ne doute absolument pas de ses capacités humoristiques. Je ne peux m'empêcher de penser que la dure fonction de Président éphèmere de la République peut vous coller une grosse pression qui transpire dans vos paroles. Et si jamais la pression retombe, genre vous n'êtes plus président, là aussi, vous n'êtes pas à l'abri de faire n'importe quoi...

Chirac aussi s'est fait piéger par la parole. Et pas uniquement à cause des promesses qu'il faisait. Imaginez. Vous êtes en visite diplomatique et énervé. Vous souhaitez engueuler quelqu'un, comme si vous étiez au bureau mais là pas de bol, il faut le faire en anglais. Et là ça peut coincer.

C'est vrai qu'à force de les penser comme des rois, on en oublie qu'ils ne sont que des hommes. Et n'oublions pas que le propre de l'homme reste celui de faire des conneries. Et puis reconnaissons le, ce n'est pas facile de parler en public, même pour le plus exubérant d'entre nous. Souvenez vous de votre premier exposé en classe.

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