Les innovations scientifiques

En septembre 1914, politiques et scientifiques pensent que la guerre sera courte. Personne ne s’occupe d’inventer de nouvelles armes qui faciliteraient la victoire. Les savants sont envoyés au front comme les autres. Beaucoup n’en reviennent pas.

Mais dès 1915, la situation sur le front est bloquée. On cherche alors des solutions. L’idée d’avoir recours à de nouvelles techniques s’impose.

Bi-plan anglais pendant la 1e guerre mondiale
Bi-plan anglais pendant la 1e guerre mondiale © corbis
En France, il y a une tradition d’interaction entre les savants et l’armée. Par le biais de la Commission Supérieure des Inventions Intéressants la Défense Nationale (**ancêtre du futur CNRS** créé en 1939). Chargée d’examiner les propositions des inventeurs, cette commission est peu efficace au début de la Première Guerre Mondiale : le temps est long entre la présentation d’une l’invention et son application concrète… Mais, les choses changent quand, en octobre 1915, le mathématicien Paul Painlevé est nommé ministre de l’Instruction et des Inventions. Politicien, professeur à la Sorbonne, il s’est intéressé à l’**aviation** dès 1908. David Aubin, professeur à l’UPMC (Université Pierre et Marie Curie), spécialiste de l’Histoire des mathématiques explique :
**La première des innovations de la Grande Guerre est le repérage d’un canon ennemi par le son** . Lorsque cette pièce d’artillerie lance un projectile, elle émet une détonation à une vitesse moins importante que celle de la lumière, que l’on va pouvoir mesurer. C’est Charles Neuroman, un astronome mobilisé sur le front alsacien qui transmet l’idée à sa hiérarchie, qu’il teste ensuite au Bois de Boulogne. Les explications de David Aubin :
Les physiciens de l’école normale supérieure vont ensuite développer des instruments plus précis de mesure pour accompagner l’invention. Et l’astronome bordelais Ernest Esclangon (l’initiateur de la fameuse horloge parlante) fait des travaux sur l’acoustique des canons. Et ce principe de détection de plus en plus efficace est utilisé par une douzaine de sections de repérage dès 1915 sur le front. Et l’invention sera reprise par les Américains et les Anglais. Autre nouveauté de la guerre : **les ingénieurs français font de grands progrès en balistique** (la science de l’étude des mouvements de projectiles)
Canons fumants
Canons fumants © corbis
En 1914, les canons sont cachés, tirent loin, et atteignent même des cibles mouvantes comme des avions. Alors qu’auparavant, les canons étaient utilisés pour des trajectoires courtes, assez tendues « de but en blanc ». Les tables mathématiques que l’on utilisait jusque là (qui permettaient de tirer jusqu’à des angles de 15°) ne sont plus efficaces, ni assez précises. On va devoir prendre en compte d’autres paramètres : la densité de l’air, l’humidité, les effets du vent… David Aubin nous explique comment ces avancées s’effectuent :
**Les bombes à oxygène liquide, eux effets dévastateurs** sont imaginées par Georges Claude, le créateur de la société "L’air Liquide" en 1902 avec son ami Paul Delorme. Ces bombes sont assez simples : un récipient avec de l’oxygène liquéfié donc très froid avec du charbon. Il imagine aussi les bombardements aériens. Les explications de David Aubin :
**[►►► I Voir plus d'images](http://www.franceinter.fr/galerie-photos/912410/diaporama/1)** **[►►► I Retrouver l'émission de La tête au carré consacrée aux sciences dans la Grande guerre](http://www.franceinter.fr/emission-la-tete-au-carre-les-sciences-dans-la-grande-guerre-recherche-et-medecine)**
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