Créée en 1666 par Colbert, l'Académie de France à Rome déménage à quatre reprises dans la capitale Italienne avant de s'établir durablement le 8 mai 1803 sur la colline du Pincio. Dès lors le nom de l'Académie se confond avec celui du palais qui l’accueille : la Villa Médicis.

L'Académie de France à Rome à la Villa Médicis
L'Académie de France à Rome à la Villa Médicis © © Assaf Shoshan

Retour sur plus de 350 ans d'histoire de l'institution en ses différents lieux de résidence dans la capitale Italienne.

L’installation de l'Académie de France à  Rome 

Louis XIV à la fin du XVIIe siècle qui entreprend avec sa politique de transformation de Paris de grand travaux notamment le Louvre, les Tuileries et Versailles crée sous l’impulsion de Colbert, de Le Brun et du Bernin en 1666 l'Académie de France à Rome sous l'égide de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture. Cette institution a pour but d'accueillir à la fois les artistes ayant remporté le Premier Prix de Rome et des pensionnaires protégés de quelques nobles du royaume ou titulaire d'un "brevet", une faveur accordée par le roi. Peintres et sculpteurs se doivent alors de consacrer leur temps et tout leur talent au service de la copie de l'Antique ou des maîtres de la Renaissance.

D'abord installée à ses débuts en 1666 dans une modeste demeure sur les pentes du Janicule près du monastère de Sant'Onofrio, L'Académie de France à Rome déménage plusieurs fois : en 1673 au palais Caffarelli, en 1684 au palais Capranica puis au palais Mancini sur le Corso. 

Le Palais de l'Académie de France à Rome avant la révolution de 1789

En 1725, l'Académie de France à Rome prend ses quartiers au cœur de la capitale Italienne dans le Palais Mancini.

C’est à cette époque que l’Académie de France accueille aussi des architectes et des peintres aujourd’hui célèbres comme Fragonard et David ou des sculpteurs tels que Houdon. 

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Francesca Alberti, chargée de mission pour l'histoire de l'art à l'Académie de France à Rome

Par Franck Olivar

Par delà les frontières de la France la période révolutionnaire n'épargne pas l'académie et son siège : la charge de directeur fut abolie puis en février 1793,  le gouvernement révolutionnaire supprime l’Académie de France à Rome.Il faut attendre 1795 et le Directoire pour son rétablissement et la suppression du "brevet" du roi pour devenir pensionnaire. 

L'Académie de France à Rome et la Villa Médicis

Dès 1800, Bonaparte, le futur empereur des français souhaite perpétuer une institution menacée un temps par la révolution et permettre aux jeunes artistes de pouvoir continuer leur travail de créateur ou plutôt de copiste car les artistes se bornent encore à produire des peintures et sculptures des périodes Antiques et de la Renaissance. Ces productions annuelles sont alors envoyées et jugées à Paris et constituent des exercices obligés pour tous les pensionnés.

Après deux années de travaux d'aménagement, c'est le 8 mai 1803 que Napoléon inaugure la Villa Médicis comme lieu de résidence de la toute nouvelle Académie de France à Rome. La Villa Médicis porte le nom de celui qui en 1576 se porta acquéreur du lieu, le cardinal Ferdinand de Médicis

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Francesca Alberti au sujet du cardinal Ferdinand de Médicis

Par Franck Olivar
Portrait du cardinal Ferdinand de Médicis
Portrait du cardinal Ferdinand de Médicis / DR

La Villa Médicis à Rome : ses directeurs et ses pensionnaires

Les pensionnaires de l’académie de France à Rome depuis sa création sont exclusivement des hommes. En 1903, un décret permet enfin aux femmes l'accès à l’institution mais il faut attendre une dizaine d'années pour voir s'installer la première femme dans la Villa comme nous l'explique Patrizia Celli

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Patrizia Celli, assistante au département d'histoire de l'art pour les colloques et les publications

Par Franck Olivar

La Seconde Guerre mondiale voit s'interrompre les activités au sein de la Villa Médicis, Mussolini confisque en 1941 le lieu à la France. Après restitution, d'autres événements viendront plus tard modifier les activités de la Villa Médicis notamment en 1967 lorsque le ministre de l'époque, André Malraux supprime le grand prix d'architecture puis, un an plus tard, le concours du prix de Rome. L'Académie de France à Rome quitte le giron de l'Institut pour passer sous tutelle du ministère des Affaires culturelles. Les modalités d'admission comme pensionnaires changent alors et la sélection se fait sur dossier.

Retrouvons Stéphane Gaillard, directeur par intérim de la Villa Médicis confortablement installé dans la chambre turque, terme impropre car la décoration provient de Tunisie, une pièce que l'on doit à Horace Vernet (directeur entre 1829 et 1834), l'occasion justement d'évoquer quelques directeurs emblématiques de l'Académie de France à Rome comme Charles Errard le tout premier en 1666 ainsi que Balthus dans les années Malraux qui marquent par des réformes, l'histoire de l'Académie.

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Stéphane Gaillard, directeur par intérim de la Villa Médicis

Par Franck Olivar
Vue des jardins de la Villa Médicis
Vue des jardins de la Villa Médicis / Franck Olivar

L'Académie des beaux-arts à Paris et l'Institut de France perdent alors la tutelle de la villa Médicis au profit du ministère de la Culture et de l'État ce qui a pour effet immédiat d'ouvrir la Villa Médicis à une multitude de disciplines comme l'histoire de l'art, l'archéologie, la littérature, la photographie et le cinéma. Chaque année, un jury indépendant sélectionne une quinzaine d'artistes, parmi les quelques 600 dossiers déposées. Ils se voient alors décerner une bourse. Le concours est ouvert à toutes les nationalités, sans limite d'âge.

Entre 2004 et 2007 sous la direction de Richard Peduzzi, le palais et ses dépendances ont fait l'objet d'une nouvelle campagne de réhabilitation et de modernisation dont la restauration de la façade sur les jardins. D'autres travaux de rénovations sont en cours sans conséquence sur la qualité de l'accueil à la Villa Médicis.

Et sachez pour les plus romantiques d'entre vous qu'il est également possible de louer des chambres de la villa Médicis ou pour les plus curieux d'effectuer une visite car ce lieu se veut ouvert à la création bien sûr mais également au public.  

Depuis le 7 novembre 2019, l'académie de France à Rome propose à la Villa Médicis, en collaboration avec le musée du Louvre, sous le commissariat de Jean-Luc Martinez et Elisabeth Le Breton une exposition baptisée "Une Antiquité moderne.

Pour en savoir plus sur cette exposition, c'est ici dans Un lieu, une histoire.

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