Poilus de la Grande Guerre
Poilus de la Grande Guerre © corbis/collection Bettman

Un compte Twitter lancé ce samedi fait revivre le quotidien d'un poilu de 14-18 en publiant sous forme de tweets les courriers qu'il adressait, depuis le front, à sa famille .

"Je m'appelle Albert. Je viens d'être mobilisé pour la Grande Guerre. Je vais écrire à mes parents, à ma sœur Marie-Louise. 100 ans jour pour jour".

Étonnante présentation que celle d' parmi les millions de profils de "twittos" sur le réseau social : Albert B. a bien existé, il était négociant en vins à Saumur, et le 2 Août 1914 comme tant d’autres il a été envoyé au front. Une drômoise a recueilli les 625 lettres qu’il a envoyées, depuis les tranchées, à sa sœur et à ses parents. 100 ans plus tard, sur le réseau social, elle va les poster, en temps réel, au rythme où lui les envoyait. Les premiers tweets sont tombés ce samedi après-midi.

L’optimisme, puis le désespoir et la censure

Dans les courriers du poilu, il y avait parfois des photos, que l’auteur reproduira également. Un témoignage à visage humain qui dit avec les méthodes d’aujourd’hui la barbarie d’hier… l’optimisme, la détermination des premiers temps au combat, la dureté de la vie dans la boue des tranchées, l’horreur des combats, la fatigue et le désespoir qui s’installe progressivement. Tout cela Albert l’évoquait dans ses courriers, dans la mesure où la censure de l’État-major lui permettait : dès que le conflit s’installe en guerre de position, ordre est donné aux poilus de ne pas écrire sur ce qu’ils voient autour d’eux, pour ne pas démoraliser l’arrière-front.

Albert sera-t-il blessé, tué même, pendant ces combats ? L’auteur du compte tient à son anonymat et au suspense qu’elle compte bien entretenir au gré des correspondances. Elle a également créé un deuxième compte Twitter, , pour partager des informations sur le contexte dans lequel Albert écrivait ses courriers, une manière aussi de dire ce que la censure lui interdisait d'écrire.

Un centenaire très marqué sur Twitter

Il y a cent ans la population apprenait la déclaration de guerre et la mobilisation générale par des affichages publics et par ce tocsin qui sonnait dans toutes les communes françaises le 1er Août 1914. Aujourd’hui, on suit les évolutions des grands conflits mondiaux minute par minute grâce aux nouveaux moyens d’information. Ce que proposent de nombreux comptes Twitter en ce centenaire, c’est d’utiliser ces moyens actuels pour faire vivre la Grande Guerre dans son quotidien, en temps réel. Des comptes comme ou sont engagés dans cette démarche originale, ils rendent au passage un hommage marqué aux dix millions de morts de 14-18.

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