Le 8 mai 2019, soit 117 ans jour pour jour après l’éruption du Mont Pelé qui dévasta la ville de Saint-Pierre se déroulait l’inauguration du mémorial de la catastrophe de 1902 et du Musée Frank A. Perret créé en 1933 par le volcanologue, Frank Alvord Perret.

Le Mémorial de la catastrophe de 1902 Musée Frank A. Perret à Saint Pierre
Le Mémorial de la catastrophe de 1902 Musée Frank A. Perret à Saint Pierre © Jean-Baptiste Barret

Ce matin du 8 mai 1902 alors que la campagne pour les élections législatives bat son plein, la montagne Pelée commence à montrer d’évidents signes d’activité. Lorsque tout à coup vers 7h50 ou 8h10, une nuée ardente dévale les flancs de la montagne après une explosion violente suivie par une bourrasque brutale, cette masse sombre de gaz et de vapeur sillonnée d’éclairs se dilatant s’abat sur le sol accompagnée d’une pluie de roches et de boue brûlante. En quelques minutes, Saint-Pierre s’embrase comme les bateaux encore à flot.

Le flanc ouest de la montagne Pelée est dévasté, du Prêcheur à la Petite Anse du Carbet. La ville de Saint-Pierre n’est pas épargnée, ni ses habitants, le calcul du nombre de victimes sujette aux incertitudes liées aux mouvements de population qui ont précédé la catastrophe, est estimé, faute de mieux, à 28 000 personnes.

Le volcan était alors considéré comme "une curiosité de plus ajoutée à l’histoire naturelle de la Martinique".

Le 8 mai en 1902, c'est un jeudi de l’Ascension et bon nombre de Pierrotins sont à l'église du quartier du Fort lorsque se produit une assourdissante détonation comme vous le raconte Jeanne Cazassus-Bérard, chercheuse indépendante et fondatrice de JCB-Lyannaj, ingénierie du patrimoine et du tourisme culturels dans les ruines même de l'édifice religieux.

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Jeanne Cazassus-Bérard, chercheuse indépendante et fondatrice de JCB-Lyannaj à l'église du quartier du Fort

Par Franck Olivar
Le Christ de l'église du quartier du Fort au Mémorial de la catastrophe de 1902 Musée Frank A. Perret
Le Christ de l'église du quartier du Fort au Mémorial de la catastrophe de 1902 Musée Frank A. Perret / Jean-Baptiste Barret

Dès le 13 mai 1902, un comité officiel d'assistance et de secours aux victimes a été créé et une souscription nationale a été ouverte par le ministre des Colonies.  À l’étranger, les États-Unis, les plus proches des Antilles, intervinrent les premiers et En Europe, le Royaume-Uni, l’Italie, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Russie… participèrent à cette aide humanitaire.

Il faut attendre 1923 pour que Saint-Pierre redevienne administrativement une commune et que la ville commence à renaître de ses cendres par une progressive reconstruction.

Six années plus tard, Frank Alvord Perret, volcanologue autodidacte, ingénieur de formation, d'origine américaine débarque à Saint-Pierre, outre son activité de recherche, il contribue à la réappropriation de la ville en participant aux travaux de dégagement de la cité.

Germe alors dans son esprit l’idée d’un musée volcanologique à la Martinique. En 1933, le premier musée de l’île ouvre ses portes avec une exposition qui, outre les vestiges de la catastrophe, accorde une place importante à la volcanologie.  Il est rénové en 1969 et le nom « Musée Franck A. Perret » est alors inscrit en lettres forgées sur la façade. L’intérieur du musée est rénové en 1988 puis obtient l’appellation Musée de France en 2004.

Enfin en décembre 2018 il fait l’objet d’une rénovation complète dans le cadre d’une délégation de service public attribuée à la fondation Clément puis La dénomination « Mémorial de la catastrophe de 1902 » vient s’ajouter au nom historique du fondateur du musée.

Mémorial de la catastrophe de 1902 Musée Frank A. Perret
Mémorial de la catastrophe de 1902 Musée Frank A. Perret / Jean-Baptiste Barre

Le musée mémorial est divisé en quatre sections, la première est une espace d’immersion, une galerie qui permet l’accès au musée. La deuxième est consacrée à l’avant catastrophe montrant la ville de Saint Pierre à partir de 1880 jusqu’en 1902, la  troisième correspond au moment même de la catastrophe et enfin  la quatrième et dernière section montre tous les aspects de  l’après catastrophe ainsi qu’une présentation du fondateur du musée le volcanologue Frank. A Perret.

Retrouvez Marie Hardy-Seguette, historienne à la Fondation Clément et responsable des collections du Musée Frank A. Perret et de Jeanne Cazassus-Bérard, chercheuse indépendante et fondatrice de JCB-Lyannaj, ingénierie du patrimoine et du tourisme culturels dans l'espace mémorial au centre du musée où entourant la cloche de Saint Pierre meurtrie lors de la catastrophe, figurent les noms de 7500 victimes.

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Marie Hardy-Seguette, historienne et Jeanne Cazassus-Bérard, chercheuse indépendante au Musée Franck A.Perret mémorial de la catastrophe de 1902

Par Franck Olivar

Faites halte en compagnie de vos deux guides dans le dernier espace du musée mémorial devant une vitrine d'objets "rescapés" de la catastrophe...

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Marie Hardy-Seguette, historienne et Jeanne Cazassus-Bérard, chercheuse indépendante devant l’une des vitrines du Musée Frank A. Perret mémorial de la catastrophe de 1902

Par Franck Olivar
 Agglomérat de ciseaux fondus visible dans une vitrine du Mémorial de la catastrophe de 1902 Musée Frank A. Perret
Agglomérat de ciseaux fondus visible dans une vitrine du Mémorial de la catastrophe de 1902 Musée Frank A. Perret / Jean-Baptiste Barret

Progressivement la vie reprend ses droits et les habitants reconstruisent une ville totalement ravagée. Dans le même temps viennent  de nouveaux habitants dont les parents de Mathurin Cadenet qui est né le 13 mai 1946 à Saint Pierre dont la famille fût l'une des premières à s'installer dans la ville après la catastrophe.

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Mathurin Cadenet dont les parents furent l'une des premières familles à s'installer après la catastrophe à Saint Pierre

Par Franck Olivar

Il ne faut pas penser qu’aux Pierrotins car chaque famille de la Martinique a un parent qui vivait ou bien qui est mort dans la catastrophe à Saint Pierre.

Un panneau du Mémorial de la catastrophe de 1902 Musée Frank A. Perret
Un panneau du Mémorial de la catastrophe de 1902 Musée Frank A. Perret / Jean-Baptiste Barret

En 2002, pour le centième anniversaire de la catastrophe, une association de bénévoles s'appuyant sur des généalogistes professionnelles se créer et se donne pour but d’identifier le plus grand nombre de disparus des éruptions qui ont eu lieu entre 1902 et 1904. L'association a notamment permis l'identification des 7500 noms qui figurent sur les murs à l'intérieur du Musée Frank A. Perret mémorial de la catastrophe de 1902, une mission délicate comme vous l'explique Alex Bourdon président  de l'AMARHISFA, l’Association martiniquaise de recherche sur l’histoire des familles.

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Alex Bourdon président de L’AMARHISFA (l’Association martiniquaise de recherche sur l’histoire des familles )

Par Franck Olivar

Pour en savoir plus :

La liste des disparus de l'éruption du Mont Pelé de 1902 constitue le cœur du Mémorial de la catastrophe de 1902 – Musée Frank A. Perret et est consultable grâce à la base de données élaborée par l'AMARHISFA et les différents partenaires sur le site Martinique 1902 - 2002.

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