À l'occasion du centenaire de la Révolution russe, France Inter vous propose, en quelques émissions, de retraverser cet événement majeur de notre civilisation occidentale, alors qu'aux Invalides, l'exposition "Et 1917 devient révolution…" proposée par la BDIC, vous accueille encore jusqu'au dimanche 18 février 2018.

Le Bolchevique, allégorie de la Révolution d'Octobre 1917, peinture de B.M.Kustodiev (1919-1920)
Le Bolchevique, allégorie de la Révolution d'Octobre 1917, peinture de B.M.Kustodiev (1919-1920) © AFP / Fine Art Images / Leemage

Pour retraverser en toute conscience cette période majeure de l'Histoire du monde, l'exposition d'importance aux Invalides, la lecture du catalogue de cette exposition, mais aussi l'écoute de plusieurs émissions sur France Inter, ainsi que le visionnage d'un film documentaire de 1984 où un Français, Marcel Body, témoigne de tout ce qu'il a vu et vécu dans ce tourbillon d’événements.

Et 1917 devient Révolution…

Depuis vingt ans, une nouvelle approche de certains éléments historiques permet une perception différente et originale de l’esprit du temps. Des documents uniques, inédits ou saisis à chaud dans le tourbillon de l'Histoire, pour comprendre comment cette année 1917 a pu engendrer un tel soulèvement, et pourquoi la France a éprouvé un tel intérêt pour cette "grande lueur à l'Est".

Alain Blum, historien et démographe, l'un des quatre commissaires de l'exposition :

La Révolution (russe) a eu des impacts directs sur la France.

- L'exposition Et 1917 devient Révolution… 

Proposée par la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine, basée à Nanterre et qui célèbre également son centenaire, l'exposition se déploie dans ses locaux parisiens, la Cour d’Honneur de l’Hôtel national des Invalides à Paris jusqu’au dimanche 18 février 2018. 

Des photos, des films, des articles de presse, des tracts, des affiches, des objets, mais aussi la production d'artistes libérés de la censure, autant d'illustrations d'une explosion de créativité et d'idées, mais aussi de la rapidité de l'enchaînement des événements successifs, qui advinrent de février 1917 à mars 1918. 

Grâce au conseil artistique du maître de conférences en histoire contemporaine, Alexandre Sumpf, des extraits de films rares des archives russes d'État des documents cinématographiques et photographiques (RGAKFD) ont pu être intégrés dans cet itinéraire d'un tournant essentiel de notre histoire.

L’exposition révèle un parcours en cinq étapes : Une Révolution à vive allure / La Révolution armée / Éclats d'empire et désirs de nation / Les Révolutions russes vues de France / Commémorer et imaginer la révolution. Un itinéraire donnant à concevoir ces éléments de l'Histoire comme des signes forts où l'humanité, toujours, se cherche. Cette exposition rencontre un fort succès depuis son ouverture le 18 octobre 2017, en particulier auprès des publics scolaires, mais aussi du public des Invalides.

- Le catalogue Et 1917 devient Révolution…

Coédité avec Le Seuil, et dirigé par un quatuor de commissaires : Carole Ajam, Alain Blum, Sophie Cœuré et Sabine Dullin, avec comme conseiller scientifique, l'historien Alexandre Sumpf, le livre est structuré comme le parcours de l'exposition, l'iconographie reste la même, avec l'ajout d'une somme d'informations textuelles, dans le processus d'une historiographie actualisée, et présente 240 pages qui resteront  un document riche et exhaustif.

- Petite astuce pour ceux qui aiment fouiller les archives ! 

Tous les événements de la Révolution russe s'inscrivent évidemment dans l'histoire de la Première Guerre mondiale. Pour consulter les nombreux documents du fonds de la BDIC sur la Grande Guerre, collectés dès le mois d'août 1914, et considérés comme l'une des plus grandes collections au monde sur ce thème, sachez qu'une partie d’entre eux est accessible via L’Argonnaute.

La Révolution russe entendue sur France Inter 

Dans deux de ses émissions, Autant en emporte l'Histoire et La Marche de l'Histoire, France Inter propose des visions contrastées de la Révolution russe, par le truchement de la fiction ou des faits historiques commentées par les spécialistes.

Tous les dimanches soirs à 21h, l'émission de Stéphanie Duncan, Autant en emporte l’Histoire diffuse une fiction historique qui met en scène un personnage pris dans la tourmente d’un épisode de l’Histoire et invite un spécialiste du sujet. 

- Dimanche 14 janvier 2018, vous pouvez écouter 1918. On a tiré sur Lénine, une fiction écrite par l'auteur libanais, Charif Ghattas, qui interroge ici l'histoire et le chaos qui précèdent les soulèvements de masses contre les dictatures, dans le cadre de la Révolution russe, au moment où Fanny Kaplan, une jeune activiste, est mandatée par le parti socialiste révolutionnaire russe pour assassiner Lénine.

La comédienne Hélène Viviès prête sa voix vibrante et juvénile à Fanny Kaplan, dans cette fiction qui relate un épisode tragique important au cœur de cette longue période mouvementée qu'a connu la Russie, puisque cet événement, quelques semaines plus tard, ouvrit la voie à la répression, la Terreur rouge.

Vous pouvez écouter ici, en avant-première, un extrait de cette fiction réalisée par Sophie-Aude Picon.

L'invité de Stéphanie Duncan est l'historien Stéphane Courtois, maître d'œuvre du Livre Noir du Communisme, Crimes, terreur, répression, rédigé par un collectif d'universitaires, publié en 1997 par les Éditions Robert Laffont. Ce livre polémique, best-seller mondial, fut publié à l'occasion de l'anniversaire des 80 ans de la Révolution russe. Stéphane Courtois est également auteur de l'ouvrage Lénine, l'invention du totalitarisme aux éditions Perrin.

- Dimanche 5 novembre 2017, vous pouvez réécouter 1917-1918, la fin des Romanov, une fiction de Renaud Meyer, réalisée par Baptiste Guiton. L'auteur, Renaud Meyer, évoque ici les dernières semaines de la famille du tsar Nicolas II et de la tsarine Alexandra Fedorovna, avec leurs cinq enfants, à travers le regard et les émotions du précepteur des enfants, Pierre Gilliard, témoin de la fin d'un monde.

L'invité de Stéphanie Duncan est justement Alexandre Sumpf, historien, maître de conférences à l’université de Strasbourg, qui est également le conseiller de l'exposition de la BDIC aux Invalides ainsi que du catalogue de cette exposition.

Du lundi au vendredi, à 13h30, l'émission de Jean Lebrun, La Marche de l’Histoire brosse le tableau d’un événement, le portrait d’un personnage et le récit d’une époque étayés par des archives et des témoignages.

- Jeudi 23 février 2017, la diffusion de La révolution russe de février 1917 inaugure un cycle d'émissions dans laquelle Jean Lebrun revisite les Révolutions russes. Son invité, Nicolas Werth, directeur de recherche à l’Institut d'histoire du temps présent est un des spécialistes français de l'Union soviétique évoque ce premier moment de tension politique et sociale du début de l'année 1917.

- Mercredi 5 avril 2017, dans l'émission intitulée Avril 1917, Lénine à la manœuvre, Jean Lebrun reçoit Dominique Colas, politologue français, professeur agrégé de science politique à l'Institut d'études politiques de Paris (IEP). Pour le centenaire de ce moment particulier, des documents sonores essentiels illustrent le propos de l'historien sur le comportement et la psychologie de Lénine, ainsi qu'en toile de fond, l'instabilité du pays et la guerre.

- Mercredi 18 octobre 2017, La Marche de l’Histoire titre sa diffusion : Octobre 1917, la révolution de Lénine. 

Dans cette émission, Jean Lebrun s’intéresse aux témoignages de contemporains édités ou réédités en français pour cette célébration du centenaire. L'émission revisite ces « dix jours qui ébranlèrent le monde » selon le terme du journaliste militant John Reed, témoin de ces évènements fondateurs. Tous les témoignages qui émaillent cette émission ont été collectés par l’ORTF en 1966-1967, un travail remarquable de Catherine Cochran et Jean Belensi.

La Révolution russe racontée par un Français

Voici, sur Dailymotion, un bonus à ces témoignages croisés : celui de Marcel Body. Né en France en 1894, Marcel Body est typographe. Passionné par l'œuvre de Tolstoï, il apprend la langue russe. En 1916, il intègre la Mission militaire française en Russie. Spectateur des évènements, il se rallie aux bolchéviques et côtoie Lénine, Trotski, Zinoviev, Staline... Devenu citoyen soviétique, puis diplomate, il occupe un poste en Norvège aux côtés de la féministe Alexandra Kollontai. Hostile au régime stalinien, il quitte l'URSS en 1927. Rentré en France, il devient opposant au PCF, qu'il quitte en 1928. Marcel Body traduira les œuvres de Boukharine, Trotski, et surtout Bakounine.

Un film documentaire de Bernard Baissat et Alexandre Skirda, réalisé en 1984, qui est également l'année du décès de ce témoin extraordinaire, âgé de 90 ans.

Ce documentaire est remarquable, dans la lignée des témoignages directs de l'exposition citée plus haut et des émissions de France Inter.

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