Pourquoi fêtons la nouvelle année le 1er janvier ? En a-t-il toujours été ainsi ? L'historien Didier le Fur nous explique que cette tradition a souvent été bouleversée au gré des vents de l'histoire.

Célébrations du jour de l'an sur les Champs-Elysées, à Paris - 1er janvier 2018
Célébrations du jour de l'an sur les Champs-Elysées, à Paris - 1er janvier 2018 © AFP / Nedim / Anadolu agency

Si nous fêtons aujourd’hui la nouvelle année le 1er janvier à minuit, il n'en a pas toujours été ainsi dans l'histoire de France. Dans le cadre de l’émission « Les petits bateaux », Noëlle Bréham transmettait cette question du jeune Adrien, à l'historien Didier Le Fur. 

Il nous apprenait donc que cette date de passage à la nouvelle année a été très variable. Chez les Mérovingiens par exemple, pas de cotillons et de langues de belle-mère. Le premier jour de l’année se déroulait le 1er mars, jour de la revue militaire.

Les Carolingiens, eux, ont préféré la date du 25 décembre qui correspondait d’une part à la naissance du Christ mais aussi au jour de la commémoration du sacre de l’empereur Charlemagne. L'ambiance reste donc assez sobre là encore.

Quand ce fut au tour des Capétiens de prendre en main du royaume, la date du 1er de l’année changea à nouveau. C’est le samedi Saint, précédant le jour de la Pâques qui fut choisi. Cette date du jour de l’an était donc variable entre le 22 mars et 24 avril. Elle imposait quelques difficultés de calculs et de probables oublis chez certains...

Enfin, Charles IX, en 1564, a décidé de choisir la date du 1er janvier. Cette date était liée à l’imaginaire que nous a laissé Rome. La France est en pleine construction et elle se rêve elle aussi comme un Empire, nouvelle force de la Chrétienté. 

Au temps de la République romaine, le premier janvier était le jour de la fête du dieu Janus. Ce dieu avait deux visages : l’un tourné vers le passé, l’autre vers l’avenir. Cette fête correspondait donc à une sorte de tournant symbolique qui pouvait s'appliquer au changement d'année. 

D’autre part, cette date du 1er janvier avait été adoptée par le Vatican comme celle de la nouvelle année. Tout comme l’Empereur des romains et roi d'Espagne, Charles Quint en 1540. La France avait donc un peu de retard, et pour assumer ses ambitions impériales, elle harmonisa son calendrier avec les autres grandes puissances. Ce jour du 1er janvier se généralisa ensuite dans toute l’Europe. 

Et qui sait, peut-être qu’à l’avenir, nous fêterons le premier de l’an à une autre date ?

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