Des documents secrets du FBI portant sur "Bigfoot" (ou "yéti", ou "sasquatch") ont été déclassifiés et montrent que depuis 40 ans, le service de renseignement le plus prestigieux au monde enquête sur l'abominable homme des neiges - mais pas la version de Tintin. Les explications d'Hélène Roussel dans le 18/20.

Le yéti en forêt
Le yéti en forêt © Getty / RichVintage

L'"abominable homme des neiges" - aussi appelé le "migou" (ou "homme sauvage", terme utilisé au Bhoutan), le "sasquatch" (ou "géant velu", terme utilisé au Canada), le "barmanou" (terme utilisé au Pakistan) - fait de nouveau parler de lui. Les documents concernant cette enquête ont été déclassifiés, il y a quelques jours. Intéressant, voire inquiétant, de constater que même le prestigieux FBI enquête sur le yéti… Existe-t-il ? D'où vient-il ? Le FBI n'est bien sûr pas le premier à s'y intéresser et ne sera pas le dernier. 

L'enquête du FBI sur le Yéti 

En 1975, le corps du génie de l'armée de terre américaine publie un vaste atlas de la faune et de la flore des Etats-Unis. Et on y trouve avec surprise les apparitions du yéti à divers endroits d'Amérique du Nord. En 1976, un passionné s'adresse au FBI pour enquêter sur le Yéti ; Jay Cochran, alors assistant du directeur du FBI, reçoit la demande.

Peter Byrne dirige le Bigfoot Information Center and Exhibition dans l'Oregon, créé en 1970 et soutenu par une faculté de Boston, l'Academy of Applied Science, et cette demande est bien sérieuse. On trouve dans les documents déclassifiés la lettre envoyée par Peter Byrne au FBI (page 4). Il envoie donc un échantillon de ce qui pourrait être de la peau de yéti, avec une quinzaine de poils accrochés. 

Mais pourquoi les années 1970 ? Il s'agit de la grande époque des recherches réalisées sur le Bigfoot après le relais de ce petit film tourné par Roger Patterson et Robert Gimlin, en 1967 en Californie. Cette vidéo est à l'origine d'une controverse : est-ce un homme ou un véritable Bigfoot ? 

Alors que le FBI s'occupe habituellement des enquêtes et investigations criminelles, il se penche exceptionnellement sur cet échantillon. Mais quand les résultats arrivent, c'est une déception : ce sont des poils et de la peau provenant d'un animal de la famille des cerfs.

Peter Byrne est aujourd'hui encore un chasseur de Bigfoot actif, bien que cela soit devenu un hobby plus qu'une recherche à plein temps. 

Est-ce la seule étude ou enquête réalisée sur "l'abominable homme des neiges" ?

En avril dernier, c'était l'Inde qui relançait la légende avec une étude des empreintes mystérieuses postées sur le compte Twitter de l'armée. 

Au Bhoutan, un documentaire s'est tourné vers un spécialiste qui évoque le yéti en ces termes (dans un documentaire visible sur Youtube) :

Le yéti est deux fois plus grand qu'un être humain, il a une longue fourrure, les anciens lui donnent la tête d'un singe. Tu peux le repérer à l'odeur depuis très loin et dans son dos, il y a une poche. Si tu venais à te faire attraper par le Yéti, il te mettrait dans sa poche afin de mieux te transporter.

Plusieurs théories circulent sur le yéti : il serait le descendant de l'homme de Néandertal, ou une survivance des singes de la Préhistoire. 

D'autres études sérieuses ont été lancées pour découvrir la réalité de l'existence du yéti, comme le Collateral Humanoid Project : lancé en 2012 par des chercheurs des universités d’Oxford et de Lausanne, avec à leur tête, le généticien Bryan Sykes et le zoologue Michel Sartori, le projet consistait à séquencer et à décrypter le génome mitochondrial du yéti. Pour se faire, les scientifiques ont lancé un appel à toutes les personnes détenant des échantillons appartenant au yéti, à bigfoot ou toutes autres créatures s'en approchant. Les résultats de cette étude sont publiés deux ans plus tard dans la revue scientifique Proceedings of The Royal Society. À part deux échantillons sur 36 envoyés, ils proviennent d'animaux connus. Les deux restants proviennent, respectivement d'un animal tué dans les années 1970 en Inde et d'un prétendu "nid de yétis" au Bhoutan. Ils appartiennent toutefois à la même espèce : un ours préhistorique que l’on croyait disparu depuis 40 000 ans, raconte l'enquête.

Que dire de ces enquêtes ?

"Il est partout sur la planète : partout mais nulle part aussi. Mais le fantasme va loin" notait Hélène Roussel durant sa chronique. Et il est vrai que l'on peut encore s'interroger maintenant sur l'intérêt de faire de telles recherches sur le yéti et sur son existence probable ou avérée. Ces recherches passionnent encore autant les amateurs que les scientifiques. De cette passion qui ne concerne pas uniquement le yéti, mais toutes les créatures mythologiques ou fantastiques, est née la cryptozoologie, qui consiste à étudier ces créatures.

Mais de la croyance scientifique ou pseudoscientifique au complot en passant par les théories abracadabrantesques, et pour paraphraser Mulder et Scully : la vérité est ailleurs

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