En novembre 2017, le Louvre Abou Dabi exonde des sables de l'île de Saadiyat et des eaux du Golf Persique dans le cadre de la création d'un district culturel par le gouvernement des Émirats Arabes Unis.

Le Louvre d'Abu Dhabi
Le Louvre d'Abu Dhabi © Radio France / Franck Olivar

Khalifa ben Zayed Al Nahyane, émir d'Abou Dabi et président des Émirats Arabes Unis, avait confié à l'architecte français Jean Nouvel la réalisation et le développement d'un musée qui se veut universel et dont le slogan est "Voir l'humanité sous une nouvelle lumière". 

Juliette Trey est commissaire d’expositions pour le Louvre. "Le musée est un peu excentré, dans un quartier qui a vocation à être plutôt une zone touristique" explique-t-elle. Ecoutez-la présenter la capitale des Emirats Arabes Unis, lors d'un déplacement en taxi pour rejoindre le musée :

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En route

Par franck Olivar

Un musée qui se veut universel

Le musée est né de la collaboration entre Abu Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis, et la France. L’accrochage inaugural en novembre 2017 présentait 600 œuvres, dont la moitié était issue des collections du musée, et l'autre prêtée par 13 musées partenaires français

Manuel Rabaté est directeur du Louvre Abou Dabi ; il explique que l'ambition de ce musée est de raconter "l'histoire de la création, de tous temps et de toutes civilisations". Les œuvres d’art offrent au spectateur une relecture atypique de l'Histoire.

Il précise : "Les musées classiques (et c'est normal, par leurs histoires) proposent en fait les œuvres rangées par département. Ici nous avons une nouvelle possibilité : directement raconter l'Histoire. On a cassé les murs et mis en résonance dans les mêmes salles, très souvent dans les mêmes vitrines, des objets de différentes civilisations. Il y a des rencontres entre les œuvres d'art qui se créent

Un ancien exemplaire du Coran exposé au Louvre Abou Dabi
Un ancien exemplaire du Coran exposé au Louvre Abou Dabi © AFP / Giuseppe Cacace

Une place prédominante pour l'art sacré ?

L'art sacré tient une place particulièrement importante au sein des collections du musée. Pour Manuel Rabaté, c'est tout à fait logique : "Le sacré a toujours été un des moteurs de création artistique… Comme nous sommes universels et que nous explorons tous les modes d'expression artistiques,c'est normal que ce soit une part importante du discours. Je pense aussi que c'est important dans le message de tolérance et d'échange. La religion peut être quelque chose qui nous divise. Ce qu'on montre au Louvre Abou Dabi, c'est un point de valeur qui est partagé par les Emirats Arabes Unis et la France, ça nous permet de nous retrouver plutôt que de nous diviser". 

Ce n'est pas une expérience religieuse qu'on propose, c'est une expérience de respect... et, aussi, de beauté.

Sous la coupelle du musée
Sous la coupelle du musée © Radio France / Franck Olivar

Saadiyat : l'île de la culture et de l'éducation

"Le musée Abou Dabi se comprend dans un projet complet" explique Manuel Rabaté. "Abou Dabi fait un pari très important dans l'éducation et dans la culture. Il y a un écosystème culturel qui se développe et c'est ça qui fait sens". 

Cet ensemble culturel est situé sur l'île de Saadiyat ("île du bonheur" en français). Outre le Louvre Abu Dabi, plusieurs musées y sont en construction - et pour atteindre son objectif de créer un centre culturel de renommée mondiale, l'émirat d'Abou Dabi a fait appel à la fine fleur de l'architecture, notamment : 

  • le Zayed National Museum : dédié à l'histoire des émirats, sa conception a été confiée à Norman Foster,
  • le Guggenheim Abou Dabi, conçu par un autre grand architecte, Frank Gehry… 
  • un musée maritime construit par Tadao Ando
  • une cité des arts construite par Zaha Hadid
Les murs en pierre de Jenny Holzer, gravés de textes issus des Essais de Montaigne
Les murs en pierre de Jenny Holzer, gravés de textes issus des Essais de Montaigne © Radio France / Franck Olivar
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